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Il ouvre son centre de données de 200 M$ sans un cent d’aide de l’État

L’entrepreneur derrière le succès de Bitfarms mise sur le service client pour grandir

Pierre-Luc Quimper
Photo Pierre-Paul Poulin Le président d’Enovum, Pierre-Luc Quimper, vient d’ouvrir son centre de données d’Enovum-MTL-1, dans la métropole et prévoit déjà en ouvrir d’autres aux quatre coins du Québec.

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Un des cofondateurs québécois de la firme de cryptomonnaie Bitfarms, qui vaut plus de 1,1 milliard $ au NASDAQ, ouvre son centre de données de 200 millions sans la moindre subvention de l’État.

« C’est un projet de 200 millions de dollars. 100 % privé », lance au bout du fil, avec fierté, Pierre-Luc Quimper, qui est le président d’Enovum.

« C’est sûr que si la Caisse de dépôt et Investissement Québec veut nous aider, ça sera un investissement, je ne considère pas ça comme une subvention », ajoute l’entrepreneur, qui ne sollicite pas de fonds publics.

Ces derniers mois, à l’abri des regards et de la pandémie, lui et son équipe ont discrètement allongé des dizaines de millions de dollars pour bâtir un centre de données, qui devrait créer une soixantaine d’emplois d’ici un an.

« On a complété la première phase, et on a déjà loué tout l’espace à de nouveaux clients et l’on n’a même pas encore annoncé publiquement le centre », dit-il.

Au total, le site situé près de Mont-Royal a une capacité de 24 mégawatts. 

En comparaison, avec 1,5 mégawatt, il y a assez d’électricité pour alimenter 900 foyers nord-américains. 

Et Pierre-Luc Quimper est en terrain connu. Il est dans l’industrie des centres de données depuis 1999 avec son autre entreprise de services d’hébergement GloboTech Communications. 

Propriété québécoise

Au Québec, les Vantage, eStruxture, Cologix, qui ont le vent dans les voiles, ont souvent une bonne partie de leurs dirigeants situés à l’étranger.

Sans les nommer, Pierre-Luc Quimper déplore que ces gros noms se retrouvent la plupart du temps hors Québec, loin de leurs centres.

« Souvent, ces gros joueurs-là sont roulés par des fonds d’investissement, alors pour eux, ce n’est que les chiffres. Seulement les chiffres. Les capitaux viennent d’ailleurs », analyse l’entrepreneur.

« La majorité appartient à des étrangers. Souvent, ils sont gérés par des personnes qui ne sont pas au Québec », ajoute-t-il.

Pour Pierre-Luc Quimper, l’explosion du télétravail durant la pandémie a fait bondir la demande pour l’hébergement de serveurs informatiques, et il souhaite saisir la manne.

« Les centres de données, c’est comme la colonne vertébrale d’internet. Quand les gens prennent leur téléphone et vont sur un site web, ils ne le savent pas, mais ils viennent chez nous », illustre-t-il.

Transformation numérique, infonuagique et 5G... la demande ne peut qu’aller en grandissant, soutient-il.

Pour concurrencer les géants, Enovum mise sur la transparence. 

Alors que les gros ne font que louer des espaces, un peu comme « des agents immobiliers de la donnée », il désire miser sur le service client pour les attirer.

« Je veux qu’Enovum devienne plus gros que Bitfarms. Il faut créer de la richesse au Québec. C’est avantageux pour Hydro-Québec », conclut-il.


Au Québec, Hydro-Québec offre un tarif pour les centres de données au prix de départ de 4,04 ¢ CA/kWh, transport et distribution inclus.

Enovum

  • Fondation : 2020
  • Actionnaires : Pierre-Luc Quimper et Charles Thériault

Centre de données

  • Mégawatts : 24
  • Superficie : 70 000 pieds carrés