/entertainment/stage
Navigation

«Embrasse» au TNM: retour sur les planches pour Théodore Pellerin

«Embrasse» au TNM: retour sur les planches pour Théodore Pellerin
Le Journal de Québec

Coup d'oeil sur cet article

Transformer sa souffrance en objet artistique semble le lot des grands créateurs. C’est la direction qu’a choisi d’explorer Michel Marc Bouchard dans sa nouvelle création, «Embrasse», présentée au Théâtre du Nouveau Monde dès le 21 septembre. 

Au centre de l’intrigue, Hugo est un garçon fragile et anxieux qui rêve de devenir couturier comme son idole, Yves Saint-Laurent. «C’est un jeune de 19 ans qui travaille dans un magasin de tissus appartenant à sa mère, a expliqué Théodore Pellerin qui va l’incarner sur scène. Il est passionné par la mode et s’est créé un modèle de vie calqué sur celle du couturier. Il va devoir apprendre à canaliser son anxiété dans la création.»

La pièce commence par une claque magistrale. Madame Maryse (Alice Pascual), une voisine du duo, insulte Hugo, et sa mère, Béatrice Lessard (Anne-Marie Cadieux), la frappe au visage. Elle se fait arrêter et est poursuivie. «Avant qu’elle passe devant le juge, Hugo veut lui donner une image de mère parfaite en créant une robe fantastique, a raconté le comédien. La raison pour laquelle il se calque sur la vie d’Yves Saint-Laurent, c’est parce qu’il voit en ce créateur des choses qui lui appartiennent aussi.»

L’art en question

La sublimation de la souffrance dans l’art semble un des thèmes de la pièce. «Je ne pense pas que le message soit qu’il faut souffrir pour être artiste, mais plutôt que les artistes qui souffrent ont ce travail à faire de transformation. Ça rattache à une vision qui peut devenir un moteur de création et de recherche. La réflexion porte davantage sur le fait qu’il est possible de transformer une souffrance et de la rendre utile, de l’élever et de la mettre au service de quelque chose de beau.»

Sur mesure

Michel Marc Bouchard a écrit le rôle d’Hugo en pensant à Théodore Pellerin. «Je suis allé manger avec Michel Marc, il y a un an ou deux. Il commençait à travailler sur un nouveau texte et il m’avait en tête pour le rôle. Il me l’a donc proposé dès le début de l’écriture. Je pense que c’est comme ça qu’il débute habituellement. Je pense que j’étais une image d’inspiration pour lui, mais c’est une pièce qu’il a écrite à partir de son monde à lui. Ce n’est pas calqué sur mon vécu. De toute façon, j’ai rarement l’impression d’avoir le physique approprié pour les rôles.»

Ce sera seulement la deuxième fois que le jeune comédien de 24 ans défendra un rôle sur scène. Il avait joué dans «Yen», en 2016, à La Licorne. «C’est comme une école de regarder travailler Anne-Marie Cadieux, Alice Pascual ou Yves Jacques. J’aime le théâtre, je suis d’ailleurs beaucoup plus un spectateur de théâtre qu’un amateur de cinéma. Mais ça m’excite et ça me motive beaucoup. C’est sûr que ce n’est pas ma zone de confort, c’est un apprentissage pour moi.»

Après les représentations au TNM et la tournée qui suivra, Théodore Pellerin retrouvera les plateaux de tournage, à la fin octobre. Il doit notamment jouer dans la série «Pour toi Flora» sur les pensionnats autochtones au Québec, ainsi que dans «Drag», troisième film de Sophie Dupuis - avec laquelle il a déjà fait «Chien de garde» et «Souterrain» - qui portera sur le monde des drag queens.

«Embrasse», de Michel Marc Bouchard. Mise en scène d’Eda Holmes. Avec Anne-Marie Cadieux, Yves Jacques, Anglesh Major, Alice Pascual et Théodore Pellerin. Du 21 septembre au 16 octobre, au Théâtre du Nouveau Monde.