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Émile Bilodeau: ne pas cacher sa vulnérabilité

Émile Bilodeau
Photo Chantal Poirier Émile Bilodeau

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Émile Bilodeau a toujours été perçu comme un artiste joyeux et coloré. Sur Petite nature, il dévoile pourtant un univers plus sombre. La raison ? Une certaine pandémie qu’il aborde dans ses chansons. « L’album en est teinté et je n’ai pas refoulé cette vulnérabilité-là », dit l’auteur-compositeur de 25 ans.

Contrairement à d’autres artistes qui ont voulu s’en détacher, Émile Bilodeau a décidé de parler de la pandémie sans détour sur Petite nature.

« L’isolement que j’ai vécu, je ne me suis pas dit qu’il ne fallait pas que j’aille là [avec les chansons]. Je me suis dit que ça allait faire du bien au monde de pouvoir leur proposer des chansons dans lesquelles ils vont se reconnaître. Il y a une ambiance un peu plus sombre, un peu plus triste de reconnaître qu’on est passé à travers une étape difficile dans chacune de nos vies. Je le vois un peu comme un pansement de cette époque-là. Ces chansons-là vont panser des blessures psychologiques de cette pandémie-là. »

Son album précédent, Grandeur mature, Émile Bilodeau l’a écrit dans les tests de son et dans le camion en direction des spectacles. « Ça n’a jamais arrêté, mes affaires, depuis le premier album. Et là, tout d’un coup [avec l’arrivée de la pandémie] paf ! Il n’y avait plus rien. Je me suis retrouvé avec du temps pour moi. J’en ai profité pour courir, pour réfléchir. Dans cette optique-là, c’est comme si le temps m’avait inspiré. Le fait de ne plus être sur la route... Je suis allé en studio deux fois et ç’a été super productif. »

Inspiré par la biodiversité

En regardant les titres des chansons qui composent le nouvel album, la thématique de la nature y est omniprésente. La jungle du capital, L’île Zolman, 1000 agneaux millénaux, Ours polaire, Petite nature, ce sont beaucoup des champs lexicaux basés sur la biodiversité et les animaux, dit Émile. Je trouvais ça important. En plus, on est en pleine crise écologique. Pour moi, c’est quelque chose qui s’inscrivait dans la vulnérabilité personnelle et aussi dans la vulnérabilité de notre climat. »

Réalisé par Philippe Brault (Pierre Lapointe, Safia Nolin, Ariane Moffatt), Petite nature frappe l’oreille par ses arrangements fournis de cordes et de cuivres. « J’avais écouté ce que Philippe avait fait en réalisation, notamment avec Caroline Savoie, dit Émile. Je trouvais ça vraiment cool l’ambiance qui régnait dans cet album-là. »

Dans les prochaines semaines, Émile Bilodeau partira en tournée. Il fera aussi la première partie des Cowboys Fringants au Centre Bell, le 25 novembre. « On va aussi aller faire cinq ou six dates en France, mon claviériste et moi. Je me trouve très privilégié. Mais on pense encore la tournée de manière très résiliente, parce qu’on n’a pas beaucoup le contrôle sur les règles. »


L’album Petite nature d’Émile Bilodeau est présentement sur le marché. Des concerts auront lieu les 12 et 13 décembre au MTelus de Montréal. Pour plus d’infos : emilebilodeau.ca. 

Petite nature en quelques pièces 

Le Journal a demandé à Émile Bilodeau de commenter certains morceaux de son nouvel album.

  • La jungle du capital

« C’est un des singles de l’album. C’est un thème fort : petite nature, la jungle. Le bout instrumental [dans la deuxième moitié de la chanson], c’était mon idée. Mais je n’étais plus sûr de vouloir le faire ! Je me disais que c’était trop progressif et que je n’étais pas Pink Floyd [rires] ! Mais Philippe [Brault] a dit : on l’essaie ! Je me suis dit qu’il fallait que je suive mon instinct. »

  • Nounou

« Sur mon deuxième album, la chanson Freddie Mercury, je voulais la faire au piano. Mais je n’avais pas assez pratiqué et j’avais dû mettre ça entre les pattes de mon claviériste. Ça m’avait fait un peu de peine. Là, je ne voulais pas que ça arrive encore. Je suis arrivé solide et j’ai fait le piano et la voix en même temps. Ce qui est intéressant pour cette chanson-là, c’est que je finis les couplets avec ma voix de tête [plus aigu]. Je ne crois pas que je vais prendre le risque de faire ça en spectacle, mais je suis content d’avoir proposé ça. »

  • Je me souviens

« C’était vraiment un surplus de frustration et beaucoup d’émotion aussi. J’ai fait beaucoup de manifestations pour Black Lives Matter et aussi pour le décès de Joyce Echaquan. Je sentais beaucoup l’ambiance qui rôdait autour de la population qui est tannée des injustices raciales. Ce sont des drames humains. C’est impossible de ne pas être sensible quand on se rassemble. J’avais juste envie de déposer les mots, d’écrire ce qui se passait. Ça m’a fait un bien fou. »

  • Cowgirl (avec Sara Dufour)

« Dans l’esprit de la chanson, c’était Sara que ça me prenait. Elle représente tellement la girl power, la femme d’affaires qui roule sa bosse depuis longtemps, comme elle le souhaite. Elle avait vraiment l’énergie pour la chanson. [...] C’est une amie de longue date. Avant même de faire Cégeps en spectacle, j’avais fait le Festival de la chanson de Saint-Ambroise, à 16 ans. On avait fait la finale les deux ensemble. »

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