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Flambée immobilière, vous n’avez rien vu!

rear view of young couple looking at their new house
Photo Adobe Stock

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Vous pensez que le prix des propriétés est déconnecté de la réalité ? Attendez, vous n’avez encore rien vu !

Plusieurs indicateurs montrent que la flambée immobilière est loin de s’éteindre. En ce moment, au Canada, la valeur moyenne d’une hypothèque atteint 355 000 $, et c’est un record. Selon la firme Equifax, il s’agit d’une augmentation de 22 % par rapport à l’an dernier. 

Le plus gros problème demeure le manque de logements. De tous les pays du G7, c’est le Canada qui comptabilise le plus faible nombre de logements pour sa population : 424 logements pour 1000 habitants. Il nous manque au moins 250 000 logements pour atteindre la moyenne du G7. 

Seulement au Québec, l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation (APCHQ) estime qu’il manque jusqu’à 60 000 logements pour combler la demande. 

L’habitation doit devenir une priorité nationale. Les mises en chantiers ne suivent pas la demande. La pénurie de logements est frappante. Il faut bâtir, densifier et lever les obstacles qui limitent l’offre. 

Inquiétudes

Si la tendance se maintient, la situation n’ira pas en s’améliorant. Le déséquilibre entre l’offre de logements et la demande va continuer de s’aggraver.  

Les taux d’intérêt resteront bas, au moins jusqu’en 2023. 

Les niveaux d’immigration vont augmenter pour compenser les chiffres inférieurs durant la pandémie. 

Des milliers d’étudiants internationaux reviendront au Canada sur les campus scolaires. 

Les touristes étrangers seront plus nombreux à lorgner les locations à court terme sur des plateformes comme Airbnb. 

Bref, la demande de logements sera inévitablement plus forte au cours des prochains mois. 

Ajoutez à cela un autre facteur : la quête des grands espaces. L’attrait de la campagne et des banlieues demeure bien réel avec la perspective du télétravail en alternance. 

Tous ces facteurs vont continuer d’alimenter la flambée immobilière. 

Solutions

Il y a urgence pour résorber notre déficit de logements. Pourtant, durant la campagne électorale fédérale, on a surtout entendu parler de mesures tape-à-l’œil qui n’auront que très peu d’effets concrets. 

Le NPD souhaite imposer une surtaxe aux acheteurs immobiliers étrangers. 

Les libéraux veulent créer un compte libre d’impôt pour inciter l’épargne en vue de l’achat d’une propriété. 

Les conservateurs promettent de libérer de l’espace dans les édifices gouvernementaux pour y aménager des logements.  

Il y a pourtant une solution simple à la crise : bâtir davantage de logements. Aucun parti ne propose de plan concret, détaillé, et crédible pour y parvenir. 

Bureaucratie

La bureaucratie peut retarder, voire faire dérailler, plusieurs projets immobiliers. Dans plusieurs grandes villes comme Montréal, le processus de validation des droits et des permis demeure laborieux. 

Le problème est exacerbé par le manque de personnel au service d’urbanisme des villes. 

Élus, fonctionnaires et promoteurs sont loin d’être sur la même longueur d’onde. Leurs chicanes sont non seulement contre-productives, elles perpétuent le problème que l’on connaît.  

En voici le plus récent exemple. La Ville de Montréal a décidé cette semaine qu’elle limiterait la superficie de plancher des bâtiments dans le sud-est du centre-ville. Les futures tours à condos du site de Radio-Canada, de la brasserie Molson, et de l’ancien site de Cavalia, seront limitées à 750 m2 aux étages supérieurs. 

Pourtant, ce choix est contraire au consensus des architectes et des experts en habitation. 

Selon l’avis même de l’Office de consultation publique de Montréal, « ces limites constituent un obstacle majeur à l’intégration des unités de logement social ou abordable ». Il faudrait presque doubler la superficie autorisée par la Ville pour satisfaire aux besoins actuels. 

Une fois pour toutes, les élus et les promoteurs immobiliers doivent s’asseoir à la même table et s’entendre sur un plan pour bâtir des dizaines de milliers de logements rapidement aux quatre coins du Québec. Ça presse.