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Le bulletin des chefs: Justin Trudeau risque gros lundi

Le premier ministre sortant a dû constamment justifier le déclenchement des élections, sans grand succès

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Depuis le déclenchement des élections, Le Journal offre à ses lecteurs, chaque samedi, un bulletin dans lequel trois experts évaluent la performance des chefs de partis fédéraux. Qui a le mieux fait ? Lequel s’est moins démarqué ? Voici leurs résultats finaux, soit la moyenne des notes hebdomadaires que les leaders se sont méritées tout au long de la campagne électorale. 

Nos experts  

Photos courtoisie

Mireille Lalancette

Professeure titulaire en communication politique à l’Université du Québec à Trois-Rivières, elle s’intéresse, notamment, à l’image des politiciens, à leur utilisation des réseaux sociaux et au traitement médiatique des candidats masculins et féminins. Ses écrits sont publiés dans plusieurs publications scientifiques à travers le monde. Elle fait aussi partie du groupe de recherche en communication politique.

Bernard Motulsky

Professeur au département de communication publique et sociale de l’Université du Québec à Montréal, il est aussi auteur et conférencier, en plus d’être titulaire de la Chaire de relations publiques et communication marketing de l’Université du Québec à Montréal.

Eric Montigny

Directeur des programmes de 2e et 3e cycles en science politique et professeur agrégé au département de science politique à l’Université Laval, il est aussi directeur scientifique de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires et chercheur associé au Groupe de recherche en communication politique.  

Justin Trudeau   

  • ML : 3,8/5  
  • BM : 3,6/5   
  • EM : 3,2/5   
Photo d'archives, Agence QMI

Le chef libéral « a eu du mal à démarrer » la campagne, retient M. Motulsky. « À partir des débats, il a manifesté plus d’énergie, plus de présence. »

M. Trudeau a pris des positions claires, ce qui ne l’a pas empêché d’avoir à défendre son bilan. Et ses intrusions dans les champs de compétence des provinces.

« Sa campagne, ce n’est pas celle qu’il avait imaginée, croit M. Montigny. Il a même une chance de perdre le pouvoir. Il risque d’être le grand perdant de la campagne électorale. »

Justin Trudeau a dû porter l’odieux d’avoir déclenché des élections en pleine pandémie. « Il n’a jamais été capable de se sortir de ce narratif-là. Ça l’a tenu jusqu’à la fin, observe Mme Lalancette. Il a quand même réussi à mieux chiffrer ses promesses, à mieux parler de son bilan qu’en 2019. »

ERIN O’TOOLE    

  • ML : 3,7/5   
  • BM : 3,8/5  
  • EM : 3,8/5    
Photo d'archives, Agence QMI

Peu connu et négligé au départ, « il a fait une campagne au-delà des attentes », considère M. Montigny. 

En très peu de temps, le chef conservateur a réussi à revisiter l’image de marque conservatrice, « ce qui est assez étonnant », considère Mme Lalancette.

En bout de piste, « il se présente comme la seule alternative au gouvernement Trudeau », considère-t-elle.

Les différences entre le positionnement pro-choix du nouveau chef et les positions prônées traditionnellement par une partie de son caucus ont tout de même refait surface, observe M. Motulsky.

Il a connu un bon début de campagne, mais « quand vous partez fort, c’est comme un sprint : il faut garder l’énergie pour continuer et se rendre jusqu’au bout. »

JAGMEET SINGH    

  • ML : 3,6/5  
  • BM : 3,4/5   
  • EM : 3,3/5   
Photo courtoisie

Jagmeet Singh a mené « une campagne plutôt sympathique », reconnaît M. Motulsky. Mais les idées mises de l’avant par le chef néo-démocrate sont demeurées des intentions plus que des véritables engagements électoraux susceptibles de se concrétiser.

« Sa campagne n’a pas du tout levé au Québec », juge M. Montigny. Pour les Québécois, le NPD est redevenu un parti centralisateur. « On est loin de Jack Layton et de la perspective d’une vague orange. »

Contrairement à M. Layton, M. Singh n’a jamais réussi à mettre en valeur son équipe, observe Mme Lalancette, qui lui reconnaît ses qualités de bon communicateur.

« Il était beaucoup dans l’attaque, ce qui risque de servir soit aux conservateurs, soit aux bloquistes », prédit-elle.

YVES-FRANÇOIS BLANCHET    

  • ML : 3,5/5  
  • BM : 3,6/5  
  • EM : 3,5/5    
Photo d'archives, Agence QMI

Ses premières semaines de campagne ayant été marquées par sa valse-hésitation sur le 3e lien et ses tiraillements avec les journalistes, M. Blanchet l’a finalement échappé belle grâce au débat en anglais. « Il a bien capitalisé sur ce qui lui est arrivé », note M. Motulsky.

Jusqu’à ce qu’il se fasse « tirer des tomates » par la modératrice, M. Blanchet semblait « chercher un os », observe dans le même sens M. Montigny. Sa campagne a tout de même été marquée par plusieurs faux pas. L’indépendance, raison d’être du parti, a été largement évacuée de son discours, beaucoup plus autonomiste.

Au final, le Bloc québécois demeure « une valeur refuge pour les Québécois qui ne veulent ni voter pour les conservateurs ni voter pour les libéraux », croit Mme Lalancette. 

Verts et PPC  

Maxime Bernier est devant un défi : celui de survivre politiquement. Le chef du PPC s’est donc positionné « à droite de la droite », constate M. Motulsky. On l’a vu se radicaliser tout au long de la campagne, mais ses partisans étant antisystème, combien iront vraiment voter, soulève M. Montigny. « Ça pourrait jouer dans l’urne dans certaines circonscriptions », ajoute-t-il. Mais on doute fort de ses chances d’être élu en Beauce.

Critiquée au sein de son propre parti, la leader verte Annamie Paul semble avoir tout misé sur Toronto, rappelle Mme Lalancette. Sans les deux débats du consortium, peu de gens au Québec l’auraient connue, notent ses collègues.

Notre guide de l'électeur :