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Mon bref bilan en 4 vignettes

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Photo AFP

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À deux jours des élections, voici un bilan de la campagne électorale fédérale en quatre points.

1. Sortie de tunnel

Ça n’était pas arrivé depuis la querelle de l’amphithéâtre : un grand projet de Québec, le tunnel Québec-Lévis, a secoué la campagne fédérale partout au Québec. Les premières réponses évasives du chef bloquiste Yves-François Blanchet, copiées-collées de celles de 2019, semblaient soudainement moins acceptables. En mai, le gouvernement Legault avait présenté une vision un peu plus précise (mais encore très approximative !). Les conservateurs, malgré l’absence d’étude et d’évaluation des coûts, avaient annoncé qu’ils l’appuieraient sans réserve. Blanchet, voulant affiner sa position, était sorti de son texte (un « on va attendre le BAPE » aurait suffi) et avait tenu des propos favorables au projet clivant. Plusieurs ont dénoncé le Bloc-caquiste. Blanchet a tenté, parfois de manière « fendante », de corriger le tir. Les débats, où le chef bloquiste excelle, lui auront permis de sortir de ce tunnel.

2. L’histoire se répète

L’immodération de la modératrice du débat en anglais, Shachi Kurl, a marqué la fin de campagne. On a presque oublié qu’en 2019, une question similaire avait été posée par une journaliste. La cheffe de bureau du HuffPost Canada à Ottawa, Althia Raj, avait lancé au chef néo-démocrate Jagmeet Singh : « Votre campagne porte sur le courage, mais vous n’avez pas montré le courage de lutter contre la loi discriminatoire du Québec. Elle interdit aux personnes qui, comme vous, portent des symboles religieux d’exercer certains emplois. » Il n’y a pas à dire, le ROC a de la suite dans ses idées sur le Québec. Par rapport à la question de Raj, Shachi Kurl, en 2021, aura ajouté un piment supplémentaire, explosif, celui du « racisme ».

3. L’épouvantail et les cassettes

En 2021, les libéraux, incapables de justifier de manière crédible le déclenchement d’élections, auront tout tenté pour recycler la stratégie de 2019 : transformer le chef conservateur en épouvantail. Il y a deux ans, ils avaient réussi à dépeindre le prédécesseur d’Erin O’Toole, Andrew Scheer, comme un antiavortement aux intentions secrètes. Le premier jour du déclenchement, en août 2021, le thème de la vaccination obligatoire a paru embêter Erin O’Toole, qui s’en est sorti laborieusement à coup de phrases apprises par cœur. Cela lui donna le goût des cassettes, semble-t-il. Les libéraux ont eu plus de succès avec le thème des armes à feu – O’Toole y prêtait vraiment flanc, lui qui doit sa victoire à la chefferie du PCC au lobby des armes à feu. Il dut alors modifier son satané « contrat ». Mais, en fin de campagne, les libéraux ont finalement réussi à épingler O’Toole : en l’associant au premier ministre albertain Jason Kenney, dont la gestion de la pandémie est proprement catastrophique. Les cassettes O’Toole ne suffisaient alors plus. Et le rappel de ses applaudissements récents pour les décisions pandémiques de Kenney fut assassin.

4. L’ingérence

En 2021, les ingérences extérieures dans la campagne fédérale ont eu des effets variés. Celle de Legault, qui sembla donner une consigne de voter bleu PCC, a suscité la joie des conservateurs. Et l’indignation de la libérale Mélanie Joly, qui eut ce commentaire étrange (pour être poli) : « Vous savez, nos grands-mères se sont battues pour le droit de vote, se sont battues pendant la Révolution tranquille pour pouvoir avoir le droit de penser par elles-mêmes. » Mais lorsque la consigne de voter Trudeau est venue de l’Empire américain, des Barack Obama et des Hillary Clinton, Mme Joly resta silencieuse ! Souhaitons que nos grands-mères libres rappellent à la ministre qu’il serait bon que les Américains se mêlent de leurs affaires. N’en ont-ils pas plein les bras avec leur démocratie malade