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Mon portrait des chefs

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Justin Trudeau ne ressemble à aucun autre dirigeant politique. Son parcours a été celui d’un prince en attente d’être roi. Seul le pouvoir l’a passionné. De là sa frustration de diriger un gouvernement minoritaire. 

À trois jours de l’élection, devant les sondages déprimants pour lui, Justin Trudeau doit souffrir. Sa vie exceptionnelle, toujours à l’avant-scène sous les projecteurs, est en train de lui échapper. À 49 ans, il n’en pouvait plus d’être minoritaire. Or, il risque de nouveau de s’y retrouver. À moins qu’Erin O’Toole le coiffe à la fin en jubilant.

Déjà des candidats ambitieux, inquiets de l’avenir de leur parti et du pays, attendent en coulisse. Justin Trudeau peut-il ignorer que sa carrière est en jeu ? Qu’il lui faudrait obtenir une majorité ? Sans quoi, ses charmes n’auront d’effets désormais que sur ses intimes. Car dure est la politique en dehors du Saint des Saints du pouvoir.

Erin O’Toole est à l’opposé de Justin Trudeau. Plus jeune que celui-ci, cet avocat et ancien militaire, né à Montréal, n’est ni flamboyant ni séducteur. Fils d’un ancien député conservateur, Erin O’Toole est un homme modeste et à l’évidence modéré. Il est personnellement pro-choix en matière d’avortement, ce qui ne lui rend pas la vie facile au sein de son parti.

Radicaux

Il doit donc valser entre ses convictions personnelles en son âme et conscience et la pression des conservateurs radicaux pro-vie, pro-armes, pro-pétrole et anti-environnement.

C’est donc un chef déchiré entre des factieux et sa propre vision conservatrice. Et c’est un homme honnête qu’on ne peut accuser de pratiquer le Québec bashing

Dans cette campagne, O’Toole a été malmené par Maxime Bernier. Lundi, le chef conservateur risque de perdre des sièges aux dépens du parti de Maxime Bernier. Ce dernier se console actuellement du rejet des Québécois devant ses délires par l’appui, selon les sondages, de 7 à 10 % d’Ontariens, grisés par le mammouth beauceron.

Jagmeet Singh ne sera jamais premier ministre du Canada. Le NPD est le parti des gens qui ont une main sur le cœur et l’autre dans les fonds publics. Justin Trudeau n’est pas en terrain étranger avec eux pour distribuer des milliards.

NPD, quel avenir ?

Jagmeet Singh est charismatique pour ses supporters. Il est également flamboyant, mais il faut dire que ses turbans roses, bleu azur, jaune soleil, vert irlandais y sont pour quelque chose. Il nous aime, nous les Québécois. Il l’a répété à satiété, mais il croit que notre loi sur la laïcité est discriminatoire. Il s’exprime dans un français qui lui joue des tours et sa manière de nous donner des leçons de morale est trouble. Sous sa gouverne, le NPD est devenu psychédélique. Trop de couleurs nous aveuglent et nous empêchent de voir combien coûterait l’application de ses promesses électorales. 

Quant à madame Annamie Paul, cheffe du Parti vert, elle ne devrait pas exiger de parler parce qu’elle est femme, comme elle l’a fait au dernier débat. Et elle ne devrait pas tenter d’éduquer le chef du Bloc et la majorité québécoise. 

Enfin, malgré sa tendance à céder à l’arrogance, Yves-François Blanchet a traversé cette campagne sans heurts. Grâce à sa facon et sa maîtrise remarquable de la langue, il plonge nombre de Québécois dans la nostalgie de l’époque où la culture politique était valorisée et la vision de l’avenir pleine de promesses.