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Oui, le nouvel album d’Hubert Lenoir est à la hauteur des attentes

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Comme la plupart des grands artistes, Lenoir divise. 

Hubert Lenoir  

Photo courtoisie

★★★★1⁄2

PICTURA DE IPSE : Musique directe

Bien que le plus punk des chanteurs pop québécois actuels est chouchouté par les médias et mélomanes, une frange de mécontents se distingue tout de même. On lui reproche son look, son goût pour la provoc’ (l’épisode du fleurdelisé à La Voix par exemple), voire ses commentaires sur sa propre santé mentale (en référence à son fameux passage à TLMEP). 

Évidemment, ces critiques, voire attaques, lui restent en tête et se retrouvent même sur PICTURA DE IPSE (l’interlude uber lenoir, c’est confirmé – auquel Dominic Maurais « participe » – en témoigne, d’ailleurs). Ainsi, l’œuvre s’avère être à la croisée des chemins entre le « sophomore slump » et le voyage intérieur.

« Crisser le feu » à sa musique

C’est connu, plusieurs artistes peinent à livrer une seconde œuvre, d’où la montée en popularité de l’expression « sophomore slump ». 

Un exemple parmi tant d’autres : Weezer qui, plutôt que d’offrir « Buddy Holly, la suite » sur Pinkerton (1996) a opté pour une direction plus sombre et tonitruante. Vilipendé à sa parution, ce canard boiteux est devenu culte depuis et demeure discuté à ce jour tant certains passages sont – dans l’optique actuelle – problématiques.

Sans calquer Rivers Cuomo et sa bande, Lenoir incendie également les points de repère et, plutôt que d’offrir Fille de personne IV, propose une œuvre aux influences encore plus foisonnantes (funk à la Prince sur QUATRE-QUARTS, pop r&b à la limite de la mouvance lo-fi à la Les Louanges sur OCTEMBRE, une collaboration avec le beatmaker émérite High Klassified).

Textes voyeurs

Côté textes, PICTURA DE IPSE est si intimiste (HULA HOOP vaut plusieurs écoutes à cet effet), qu’il en devient exhibitionniste par moment tant le principal intéressé y glisse des brides de conversations et autres interludes du quotidien captés ici et là. L’abondance de ceux-ci en viennent à ankyloser le projet à mon humble avis, mais on s’entend que j’en suis à l’enculage de mouches à ce point-ci.

Soyons lucides, le nouveau LP de Lenoir n’est pas pour tout le monde. En fait, ce n’est même pas un album. C’est plus que ça. C’est un sujet de conversation, c’est un moment auquel on s’attarde, voire on s’oublie. C’est une œuvre d’art, quoi. 

Jorane  

Photo courtoisie

★★★★

Hemenetset

Plus de 20 ans après ses débuts, Jorane n’en finit plus de surprendre. Hemenetset est un album « instrumental » (si on considère que sa voix est utilisée comme un instrument) où le classique se marie à l’électro et, évidemment, l’inquiétante étrangeté et la part d’ombre parcourant la récente discographie de la principale intéressée qui multiplie les morceaux de bravoure sur cette offrande. Les fans d’Owen Pallett et de la chanteuse française Camille, notamment, vont tout particulièrement apprécier.  

Émile Bilodeau  

Photo courtoisie

★★★1⁄2

Petite nature

Deux années après Grandeur mature, la sensation folk poursuit sa poussée de croissance avec ce troisième album. Pour l’occasion, Bilodeau recrute le réalisateur Philippe Brault (Pierre Lapointe, Philippe B et j’en passe) qui enjolive Petite nature d’un emballage pop sixties qui rappelle Burt Bacharach (c’est un compliment). De son côté, Bilodeau tire à boulets rouges de sa plume aiguisée, tanguant parfois dans le prêchi-prêcha toutefois. À écouter, fans ou pas : Je me souviens et Ma maladie mentale.  

Lil Nas X  

Photo courtoisie

★★★

MONTERO

Deux ans après 7 EP, un maxi plutôt décevant compte tenu de la folie furieuse autour d’Old Town Road, Lil Nas X se reprend (un peu) avec un premier album plus homogène et concis. Bien entouré (Kanye West produit Industry Baby, Doja Cat l’accompagne sur SCOOP), le rappeur opte pour des sonorités plus trap et R&B (DEAD RIGHT NOW vient en tête... et plaira notamment aux amateurs de Drake). Bien que fort divertissant devant la caméra et sur les réseaux sociaux, Lil Nas X se contente toutefois de livrer une œuvre correcte sans plus ici. Pour fans surtout.

Coup de coeur    

BIG FREEDIA

Photo courtoisie

★★★★

BDE

En attendant un éventuel quatrième album (Just Be Free, son plus récent LP, date de 2014 quand même), la reine de la bounce music – un courant rap provenant de La Nouvelle-Orléans – offre un sixième maxi qui décoiffe. Armée de rythmes pétaradants, flirtant beaucoup avec la musique dance, la rappeuse y va d’une livraison délicieusement fanfaronne. La vitamine D se faisant de plus en plus rare ces jours-ci, je vous recommande fortement ce placebo.