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Pénurie de balles pour le début de la saison

La production n’a pas suivi la hausse des chasseurs

GEN-PAOLO-LONDERO
Photo Agence QMI, Joël Lemay Paolo Londero, propriétaire du magasin Londero Sports, à Saint-Jean-sur-Richelieu, a lui aussi de graves problèmes d’approvisionnement de balles pour les carabines.

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Les magasins de plein air à travers la province font face à la pire pénurie de balles et de munitions, alors que la saison de la chasse commence ici.

« Les chasseurs, ils vont devoir ménager leurs balles. Ils ne pourront pas en tirer pour rien ou pour se pratiquer », assure Vincent Cloutier, copropriétaire du magasin Nature Chasse & Pêche de Sainte-Marie, en Beauce.

Selon plusieurs propriétaires d’entreprises d’équipement de chasse avec qui Le Journal s’est entretenu, la pénurie de munitions, et particulièrement de balles de carabine, touche l’ensemble du Québec.

« En 2021, on a été livré à peu près à hauteur de 5 % de ce qu’on a commandé, donc ce n’est vraiment pas beaucoup. On est obligés d’essayer d’en trouver à la graine chez des distributeurs ici et là », explique Vincent Cloutier.

À Saint-Alexis-des-Monts, en Mauricie, Estelle Picard et son conjoint, Gabriel Constantin, ont aussi beaucoup de mal à s’approvisionner en produits qui sont fabriqués aux États-Unis.

« On devait recevoir des balles jeudi, mais on n’a rien reçu. On a appelé hier [vendredi] et on nous a finalement dit que ça arriverait seulement la semaine prochaine. Mais la chasse à l’orignal, ça commence là, là », déplore la copropriétaire de la boutique de plein air, Le 1871.

Le constat est par ailleurs le même chez Sail de Laval, confirme Jocelyn Provencher, directeur adjoint du magasin. La pénurie force même le détaillant à limiter la vente de boîtes par client.

Demande qui explose

Avec la pandémie, de plus en plus de Québécois se sont mis aux activités de plein air. Résultat, la demande a explosé.

« Chez nous, ça a plus que doublé, voire même triplé, mais les manufacturiers n’ont pas suivi [à cause des problèmes d’approvisionnement]. Et avec les dernières élections aux États-Unis, les Américains ont fait les écureuils en emmagasinant beaucoup de produits, et ça en fait moins chez nous », explique Paolo Londero, propriétaire de Londero Sports, à Saint-Jean-sur-Richelieu.

À Rimouski, Mario Ross considère qu’il a un petit ange qui l’a protégé de la pénurie.

« L’an passé, je me suis backé pour deux ans d’avance en munitions, donc on a presque tout dans pratiquement tous les calibres. [...] On a des clients qui viennent de Montréal et Gatineau qui viennent chasser ici et qui nous disent qu’ils sont surpris qu’on ait des munitions », explique-t-il.