/weekend
Navigation

Perdre contact avec la réalité

Daniel Leblanc-Poirier
Photo Pierre-Paul Poulin Daniel Leblanc-Poirier

Coup d'oeil sur cet article

Le poète, musicien, romancier et chroniqueur Daniel Leblanc-Poirier entraîne ses lecteurs dans l’univers déjanté d’une vedette rock qui commence sérieusement à avoir des araignées dans le plafond dans son nouveau roman. La disparition des miroirs, un roman inquiétant, post-punk, fait découvrir le monde à travers le regard d’un individu qui est en train de perdre le contact avec le monde réel. 

Robert Laramée, une vedette rock des années 1990, est en panne d’inspiration. Il passe ses grandes journées à dormir et à surveiller ses voisins, dans son appartement de Rosemont. Ses rares promenades l’entraînent au Café Odessa où il croise Maude, une serveuse aux cheveux bleus.

Impatient, son gérant le pousse dans le dos pour qu’il relance sa carrière avec un album live, mais pour Robert, c’est non. Sa vie commence vraiment à dérailler : il entend cogner à sa porte et lorsqu’il va ouvrir, il n’y a personne, même pas de traces de pas dans la neige. 

Daniel Leblanc-Poirier propose, dans ce roman, une immersion très originale dans un monde étrange. Il s’est inspiré en partie d’un homme atteint de schizophrénie qu’il connaît, et qui a l’impression que c’est le monde autour de lui qui est déréglé. 

<strong><em>La disparition des miroirs</em><br>Daniel Leblanc-Poirier</strong><br>VLB Éditeur<br>280 pages
Photo courtoisie
La disparition des miroirs
Daniel Leblanc-Poirier

VLB Éditeur
280 pages

« Ce sentiment qu’il a réussi à me témoigner a fait en sorte que je me suis demandé comment on se sentirait si tout d’un coup le monde ne réagissait plus aux mêmes règles, selon lesquelles on est habitué. »

Il explique qu’on réalise vite que le personnage a des problèmes de santé mentale, que ses pensées tournent en boucle et que ça déraille. 

« Je voulais écrire un livre sur comment on se sent quand on est devant cette perspective-là et qu’on ne doute pas de soi-même. Dans ce roman, il y a un code de règles de la réalité qui n’est pas celui auquel on s’attend. Le personnage est prisonnier de son mode de vie vraiment isolé et hermétique, et il a l’impression que le monde autour de lui n’est plus cohérent. »

Nouvelles règles

Daniel Leblanc-Poirier propose qu’on accepte ces nouvelles règles psychédéliques, complètement éclatées, dans le cadre romanesque. 

L’angle musical intégré au roman est très intéressant. « Mon personnage est un has-been. Est-ce qu’il y a quelque chose de plus isolé qu’une rock star has-been ? Il est doublement isolé. C’est un bon point de départ. Il y a une beauté dans le has-been. J’ai été beaucoup inspiré par le film Le Lutteur, avec Mickey Rourke. »

Daniel Leblanc-Poirier joue beaucoup avec le tempo du roman, ralentissant et accélérant l’action, au besoin, ce qui ajoute une dimension supplémentaire à la narration. Il est heureux du résultat. « Depuis que j’ai découvert la fiction pure, je me sens plus heureux, soulagé. Ça me permet de me concentrer sur le storytelling. Mon but, c’était de faire une histoire intéressante, divertissante, agréable à lire. »