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Plaidoyer pour un Québec libre et vert

Sylvain Gaudreault
Photo courtoisie Pragmatique/Quand le climat dicte l’action politique
Sylvain Gaudreault
Éditions Somme toute

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Voici un député qui a du nerf et une colonne, comme on dit familièrement. Comme plusieurs sonneurs d’alarme avant lui, Sylvain Gaudreault, député de Jonquière depuis près de 15 ans, fustige certaines idées reçues selon lesquelles la protection de l’environnement nuirait au développement économique du Québec et qu’il faut être, avant tout, « pragmatique », un raisonnement qu’on entend trop souvent malheureusement dans les officines gouvernementales.

En préface, Jérôme Dupras, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en économie écologique de l’Université du Québec en Outaouais, nomme cinq « principaux risques qui menacent l’humanité et les systèmes économiques » : les phénomènes météorologiques extrêmes, l’échec de l’action climatique, les catastrophes naturelles, la perte de biodiversité et les catastrophes environnementales causées par l’être humain. 

Cette dégradation de l’environnement n’est pas un phénomène qui se passe à l’extérieur de nos frontières, non, nous sommes tous concernés, nos agriculteurs en subissent déjà les conséquences tandis que la population, elle, prend de plus en plus conscience de ces changements dans ses habitudes de vie. 

Comment peut-il en être autrement si, selon les experts en la matière, les trois dernières décennies ont été les plus chaudes depuis 1850.

Mentalité de comptable

Sylvain Gaudreault a pris réellement conscience de la gravité de la situation environnementale en lisant un rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), qui affirme que le réchauffement climatique est sans équivoque et que l’action humaine en est la principale cause. Il était alors ministre dans le gouvernement de Pauline Marois et il s’est dit que tous les gouvernements devaient agir et se concerter pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. 

Il énumère quelques-unes des mesures qu’il a prises, dont celle d’allouer un budget d’un milliard de dollars sur cinq ans aux transports collectifs plutôt qu’au transport routier, décision arrachée de longue lutte auprès d’un conseil de ministres plutôt récalcitrant.

Sylvain Gaudreault est un fier indépendantiste et il ne s’en cache pas. Il ne rate jamais une occasion d’affirmer ses trois priorités : l’indépendance du Québec, la lutte contre la crise climatique et la justice sociale. Aussi dénonce-t-il, dans son essai, la mentalité de comptable qui prévaut dans le gouvernement Legault, qui se cache derrière le concept nébuleux de pragmatisme pour justifier le laisser-aller actuel. 

Pourtant, les cas abondent au Québec où il y a péril en la demeure. Les Madelinots, par exemple, « voient leurs berges disparaître dans la mer et leurs infrastructures municipales menacées. Le consortium de recherche Ouranos estime que d’ici 2064, les coûts de l’érosion côtière sur les bâtiments, les terrains et les infrastructures de transport grimperont à 1,5 milliard de dollars ». 

Le même consortium évaluait « que 5300 bâtiments, 1300 terrains, 300 kilomètres de routes et 25 kilomètres de chemins de fer disparaîtraient au Québec d’ici 2064 en raison de l’érosion côtière ». 

Solutions concrètes

D’autres exemples ? « À l’été 2020, la FADQ a versé une aide accélérée de 21,3 millions de dollars à 4000 producteurs agricoles victimes d’une sécheresse historique qui a fait grimper le prix des balles de foin. Cette situation s’explique par une diminution des précipitations de 25 % à 75 % par rapport aux normales de mai et juin ». Sans parler des conséquences sur la flore et la faune, et ses répercussions sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.

Même les milliardaires réunis au Sommet de Davos ont, pour la première fois, reconnu l’urgence d’agir pour renverser la vapeur avant qu’il ne soit trop tard.

L’ex-ministre ne se contente pas de dénoncer l’inertie et la mollesse du gouvernement dans sa lutte contre les GES, il avance aussi des solutions concrètes et « pragmatiques », comme, par exemple, l’écofiscalité, en encourageant une transition des emplois traditionnels et énergivores vers des emplois d’avenir et verts. 

La pandémie a montré que nous pouvions faire preuve de solidarité, profitons de cet élan pour nous mobiliser en faveur de notre planète, conclut-il.