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Politique étrangère et campagne électorale

Politique étrangère et campagne électorale
Photo d'archives, Pool Adrian Wyld/The Canadian Press

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La lutte impitoyable entre la Chine et les États-Unis est devenue le centre de gravité des relations internationales. Le coup d’éclat des États-Unis qui sont parvenus à vendre des sous-marins nucléaires à l’Australie en constitue une démonstration parmi d’autres. 

Cette lutte jette aussi une lumière crue sur les plateformes électorales en politique étrangère des partis fédéraux. Elle départage les adultes des enfants... Seuls le Parti conservateur et le NPD ont une position conséquente sur le sujet. Encore que leur plateforme soit souvent plus morale que politique. On comprend que le Canada ne soit pas trop pris au sérieux par ses alliés.


POURQUOI EST-IL IMPORTANT DE SE POSITIONNER CLAIREMENT FACE À LA CHINE ?

La nature de plus en plus totalitaire du gouvernement chinois, sa lutte contre les démocraties et son expansionnisme font de la Chine de Xi Jinping une ennemie des États-Unis et de leurs alliés, dont le Canada. Or, seuls le NPD et le Parti conservateur du Canada ont pris clairement position à ce sujet et ont décidé de tenir tête à la Chine.


LE CANADA PEUT-IL ÊTRE NEUTRE ENVERS LA CHINE ?

Le Canada ne peut pas entretenir une relation de neutralité envers la Chine, tout simplement parce que les dirigeants des États-Unis ne le pardonneraient pas au Canada, qui automatiquement deviendrait suspect. De même, le Canada n’a rien de bon à attendre de la Chine, comme le montre le pénible épisode des deux Michael et de Meng Wanzhou. La position du Parti libéral du Canada est particulièrement intenable à cet égard, puisque contrairement au Parti conservateur et aux autres grands alliés des États-Unis, il refuse d’interdire le 5G de Huawei sur le territoire Canadien, en dépit des menaces d’espionnages et des intérêts commerciaux nord-américains. Quant au Bloc, il subordonne la relation entre le Canada et la Chine à des questions bassement commerciales, comme les exportations de viande porcine. En ce sens, il fait le jeu de Pékin.


QUELLES SONT LES QUESTIONS LES PLUS IMPORTANTES ?

Les plateformes électorales des partis fédéraux ont la fâcheuse tendance à confondre la morale et les relations internationales. Le pape pourrait signer bien des engagements des partis fédéraux : pour le PLC, les centaines de millions dévolus aux Rohingya et aux réfugiés politiques ; pour le NPD, 0,7 % du PIB dans la lutte internationale contre diverses maladies ; pour les conservateurs, la création d’un bureau de la liberté de religion. Ces engagements ne sont pas nécessairement mauvais, mais ils sont coûteux et très secondaires par rapport aux questions fondamentales qui touchent la puissance politique, militaire, économique et culturelle du Canada et la préservation de ses intérêts.


QUELLES SONT LES MEILLEURES PLATEFORMES EN POLITIQUE ÉTRANGÈRE ?

La plateforme la plus réfléchie en politique étrangère est celle des conservateurs, même si elle contient plusieurs propositions très discutables, comme le déménagement de l’ambassade canadienne à Jérusalem ou des accords de libre-échange avec l’Afrique. À cet égard, le NPD a une vision beaucoup plus critique du libre-échange et de ses bénéfices réels. Sa plateforme arrive deuxième.


QUELLE EST LA PIRE PLATEFORME ?

La pire est celle de Maxime Bernier. Le Parti populaire du Canada observe avec justesse que la majorité des pays de l’ONU sont des dictatures. Par conséquent, Bernier veut retirer le Canada de l’ONU. Chouette. Plus de siège de l’OACI à Montréal, plus d’échanges financiers internationaux, plus de livraisons postales internationales. Eh oui, l’ONU est responsable de toutes ces activités.