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Sous-marins: Washington et Londres cherchent l’apaisement avec la France

Sous-marins: Washington et Londres cherchent l’apaisement avec la France
Photo AFP

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PARIS | Ce week-end, Londres et Washington ont tenté d’amadouer leur allié français, furieux après l’annonce d’un partenariat stratégique entre les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni.

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«Le président Biden a demandé à parler au président de la République [Emmanuel Macron], et il y aura un échange téléphonique dans les prochains jours», a indiqué dimanche le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal.

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«On veut des explications» sur ce qui «s’apparente à une rupture de confiance majeure», et aussi savoir «comment ils entendent sortir de ce contrat», avec des «compensations» à la clé, a-t-il précisé sur la chaîne BFMTV.

Le vice-premier ministre australien, Barnaby Joyce, a aussi tenté d’apaiser la crise, affirmant lundi que son pays «n’a pas besoin de prouver son attachement à la France», en évoquant aussi les soldats envoyés pour se battre lors des deux Guerres mondiales.

Une déclaration qui risque de ne pas apaiser la colère de Paris, qui s’en est pris à plusieurs reprises à l’Australie, pour avoir annulé un contrat d’achat de sous-marins français en faveur de navires américains à propulsion nucléaire.

Emmanuel Macron a rappelé les ambassadeurs de France à Canberra et à Washington dans un geste sans précédent. Il devait s’entretenir avec eux dimanche soir.

Une rencontre prévue cette semaine entre la ministre française des Armées, Florence Parly, et son homologue britannique, Ben Wallace, a été annulée à la demande de Paris, a appris l’AFP dimanche soir auprès d’une source au ministère français.

Les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni ont annoncé le 15 septembre un partenariat stratégique pour contrer la Chine, AUKUS, incluant la fourniture de sous-marins américains, qui a ainsi sorti les Français du jeu.

Quelques heures plus tard, le premier ministre britannique a tenté de consoler son allié français, dans l’avion qui l’emmenait à New York, où il doit assister à l’assemblée générale de l’ONU et rencontrer Joe Biden à la Maison-Blanche.

Le Royaume-Uni et la France ont «une relation très amicale», d’une «immense importance», a déclaré Boris Johnson à des journalistes, selon l’agence britannique Press Association, avant d’ajouter: «Notre amour de la France est indéracinable.»

«Ce partenariat n’est en aucun cas destiné à être une somme nulle, il n’est pas destiné à être excluant», a ajouté M. Johnson, «ce n’est pas quelque chose qui doit inquiéter qui que ce soit, et en particulier pas nos amis français».

Plus tôt dans la journée, le premier ministre australien, Scott Morrison, avait quant à lui rejeté les accusations françaises de duplicité.

«Je ne regrette pas la décision de faire passer l’intérêt national de l’Australie en premier. Je ne le regretterai jamais», a-t-il dit, déclarant qu’il aurait été «négligent» d’aller de l’avant contre les conseils des services australiens de renseignement et de la défense.

«Affirmations inexactes»

Les sous-marins à propulsion nucléaire sont notamment plus autonomes que les sous-marins à propulsion conventionnelle (diesel-électrique), prévus par le contrat passé avec la France.

Le ministre australien de la Défense, Peter Dutton, a insisté sur le fait que Canberra avait été «franc, ouvert et honnête» avec la France sur ses préoccupations concernant l’accord, qui a dépassé le budget et pris des années de retard.

M. Dutton a déclaré avoir personnellement exprimé ces préoccupations à Florence Parly. «Nous n’avons jamais été mis au courant des intentions australiennes. Ses affirmations sont inexactes», a rétorqué la ministre française, en marge d’un déplacement à Niamey.

Samedi, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait évoqué une «crise grave» et dénoncé une «duplicité» de Canberra et Washington.

«Il y a eu mensonge, il y a eu duplicité, il y a eu rupture majeure de confiance, il y a eu mépris, donc ça ne va pas entre nous», a-t-il déploré.

Le rappel de l’ambassadeur français à Londres, capitale qui fait également partie du pacte de sécurité, a été jugé inutile: «On connaît leur opportunisme permanent», a-t-il ironisé, quelques mois après le Brexit.

«Course à l’armement»

La nouvelle alliance a aussi fait réagir Pyongyang, pour qui «il s’agit d’actes extrêmement indésirables et dangereux qui vont troubler l’équilibre stratégique dans la région Asie-Pacifique et vont déclencher une course à l’armement nucléaire», selon l’agence de presse KCNA, citant un responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères.

La France avait signé en 2016 un contrat de 90 milliards de dollars australiens (56 milliards d’euros) pour la fourniture à l’Australie de 12 sous-marins à propulsion diesel, souvent qualifié de «contrat du siècle» en raison de son ampleur et de sa portée stratégique.

M. Le Drian estime à cet égard que la crise pèsera sur la définition du nouveau concept stratégique de l’OTAN, sans pour autant évoquer une sortie de l’Alliance atlantique.

«L’OTAN a engagé une réflexion, à la demande du président de la République, sur ses fondamentaux. Il y aura au prochain sommet de l’OTAN, à Madrid, l’aboutissement du nouveau concept stratégique. Bien évidemment, ce qui vient de se passer aura à voir avec cette définition», a-t-il estimé.

«Mais il faut qu’en même temps l’Europe se dote de sa boussole stratégique, et ce sera sous la responsabilité de la France au premier semestre 2022», a-t-il ajouté, évoquant la présidence française de l’Union européenne au 1er janvier.

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