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Dans la merde jusqu’au cou

Infirmières
Photo d'archives, Agence QMI

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Pénurie d’infirmières, pénurie d’enseignants...

Une seule infirmière pour 155 patients dans un CHSLD, des étudiants laissés à eux-mêmes dans leur classe pendant deux semaines parce qu’il n’y a ni profs ni suppléants, des hôpitaux qui disent aux ambulanciers de ne plus leur amener de patients parce que leurs urgences débordent...

Ça va bien, au Québec, non ?

UN BEAU MODÈLE !

Mais surtout, ne touchez pas au modèle québécois, ne le remettez pas en question !

Il est beau, notre modèle, il est efficace !

Il fait l’envie de tout le monde !

Un cégépien sur quatre ne maîtrise pas sa langue, ça prend jusqu’à deux ans pour voir un psy, plus de 50 000 enfants sont en attente d’une place dans une garderie, des commerces ferment faute de main-d’œuvre...

Je te dis qu’on l’a, l’affaire !

On percole ! On carbure !

On roule ! Et pendant ce temps, les chefs fédéraux discutent du sexe des anges...

Trudeau, O’Toole et Singh ont chacun promis de créer un million d’emplois si jamais ils sont élus.

Qui va occuper ces emplois ? 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Des robots ? On manque déjà de travailleurs pour occuper les postes existants ! Au Canada, le secteur des services d’hébergement et de restauration affiche 129 100 postes vacants, le secteur des soins de santé et de l’assistance sociale en compte 109 300, et il manque 50 000 travailleurs dans le secteur manufacturier.

Bah, c’est pas grave... 

On verra... 

  • Écoutez l'éditorial de Richard Martineau sur QUB radio:   

PERDUS DANS L’ESPACE

On a l’impression que nos politiciens sont gonflés à l’hélium. 

Ils ne touchent plus terre et ont perdu tout contact avec la réalité – comme les touristes de l’espace.

Ils volent, ils planent...

Libérés de toute contingence physique. 

Pendant ce temps, sur Terre, on est dans la merde jusqu’au cou.

Courant à gauche et à droite pour pouvoir voir un médecin ou faire garder nos enfants...

Et on va nous dire que tout ça n’est qu’une question d’argent... Qu’il faut verser encore plus de fric dans la machine, encore plus d’eau dans la piscine ! Comme si on ne payait pas assez d’impôts comme ça ! Comme si on n’envoyait pas assez d’argent aux deux paliers de gouvernement – sans oublier le municipal !

Regardez les infirmières...

C’est quoi, le problème majeur ? Leur salaire ?

Non : c’est la gestion de leur horaire ! Le travail supplémentaire obligatoire, qu’on ne devait utiliser qu’en cas d’urgence mais qui est devenu une façon de gérer le système au jour le jour !

C’est ça, le nœud de l’affaire. Pas l’argent !

Je le sais, vous le savez, tout le monde le sait.

Ça fait des années que ça dure. Dans les hôpitaux anglophones, on a pris le taureau par les cornes, et revu complètement la façon dont on gère les quarts de travail des infirmières.

Nos hôpitaux francophones se sont-ils inspirés de cet exemple ? Non.  

LA COULEUR DE L’UNIFORME DES POMPIERS

Prenez la discussion sur les champs de compétence.

Oui, je sais, c’est important.

Mais je me mets dans les souliers de Monsieur et Madame Tout-le-monde.

Quand la maison est en feu, se disent-ils, on se fout de savoir si les pompiers viennent de Québec ou d’Ottawa.

On veut qu’ils éteignent l’incendie ! 

Pas qu’ils se chicanent sur la couleur de leurs uniformes !