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Loblaw réclame des fonds au gouvernement du Québec pour acheter ailleurs

L’entreprise laurentienne Lion ne fait pas partie des options pour Loblaw malgré l’aide demandée à Québec

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Photo d'archives, AFP En 2017, Loblaw a précommandé 25 camions auprès du constructeur américain Tesla. Initialement, cette livraison était prévue pour 2019. Ci-haut, le grand patron de Tesla, Elon Musk, dévoilait ses nouveaux camions électriques en 2017, à Los Angeles.

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La société ontarienne Loblaw songe à demander des fonds publics à l’État québécois pour électrifier sa flotte de camions, mais ne considère pas Lion Électrique pour l’instant, préférant miser sur des manufacturiers étrangers.

Ces dernières semaines, le géant de l’alimentation Loblaw s’est inscrit au Registre des lobbyistes afin de « connaître les programmes de financement disponibles à l’électrification de flotte de marchandises ». L’entreprise souhaite avoir des discussions avec le cabinet du ministre des Transports.

  • Écoutez la chronique économique d'Yves Daoust, directeur de la section Argent du journal de Montréal et du Journal de Québec, sur QUB radio:

« Ce financement qui pourrait se faire sous forme de subvention ou de crédit, et dont le montant et le programme sont inconnus, servirait à soutenir l’électrification de camions des Compagnies Loblaw Limitée », peut-on lire dans le mandat qui est valide jusqu’en décembre 2022.

Le chantier visant à renouveler la flotte de camions de la société est commencé depuis déjà quelques années. L’objectif de la direction est d’avoir complété le virage pour ses 265 véhicules d’ici 2030.

Des pourparlers

La direction de Loblaw a confirmé au Journal avoir eu des pourparlers avec Lion, basée à Saint-Jérôme, afin de connaître leur carnet de produits électriques. Ces échanges ne se sont toutefois pas matérialisés en commandes.

« Malheureusement, leurs camions ne répondaient pas à nos besoins en camions de classe 8 », a indiqué la porte-parole chez Loblaw, Johanne Héroux.

« Le fait que Lion n’était pas en mesure de nous fournir le type de camion dont nous avions besoin lorsque nous les avons approchés ne veut pas dire qu’ils sont exclus pour la suite, bien des éléments pouvant changer de part et d’autre », a-t-elle nuancé, lorsqu’elle a été questionnée sur les raisons poussant alors son groupe à envisager de profiter des programmes québécois. 

D’ailleurs, concernant ces programmes, Loblaw a tenu à préciser dans un courriel qu’aucune demande officielle n’a encore été formulée auprès du gouvernement
« à ce jour ».

La Société des alcools du Québec et Amazon ont tous deux passé des commandes pour des camions électriques chez Lion.

Jusqu’à présent, Loblaw a notamment fait confiance aux joueurs étrangers pour moderniser sa flotte de véhicules.

En 2017, la société a précommandé 25 camions auprès du constructeur américain Tesla. Initialement, cette livraison était prévue pour 2019. L’entreprise est toujours « dans l’attente » d’une nouvelle date. 

Puis Loblaw a également commandé cinq camions de type Freightliner eCascadia, dont deux qui seront livrés en 2022 et les trois autres en 2023. Freightliner est la division nord-américaine de Daimler.

Vers des règles d’achat local ?

De son côté le ministère des Transports du Québec (MTQ) a dit au Journal « analyser » la possibilité de mettre en place des règles d’achat au Québec qui obligeraient les compagnies souhaitant profiter du programme Écocamionnage à miser sur des entreprises d’ici avant de faire affaire avec des manufacturiers étrangers. 

« La maturité de l’industrie au niveau de la fabrication de véhicules électriques au Québec fait partie des analyses quant à la mise en place de règles d’achat au Québec, et ce, dans un contexte où il serait souhaitable de rendre admissible au financement le plus grand nombre de modèles possibles », a indiqué dans un courriel le porte-parole Nicolas Vigneault.

Écocamionnage

Québec travaille actuellement sur une nouvelle mouture du programme Écocamionnage, dont l’objectif est « de réduire les émissions de gaz à effet de serre au Québec en favorisant l’électrification des transports en lien avec les cibles gouvernementales ».

Le premier programme, qui n’avait pas d’exigence concernant l’achat local et qui était doté d’un budget de 76,35 millions $, s’est terminé au 31 mars dernier. Le Plan pour une économie verte (PEV 2030) prévoit son renouvellement. 

« L’évolution du marché est suivie par le ministère, et, en fonction de celle-ci, une clause concernant l’achat local pourrait être envisagée dans le futur », a répondu M. Vigneault.

Ces derniers mois, le gouvernement Legault a été accusé d’avoir créé un quasi-monopole pour Lion après avoir bonifié un programme de subvention de 250 millions $ dans l’industrie du transport scolaire.

Plusieurs compagnies, comme Autobus Thomas, ont dénoncé cette situation. Québec a décidé d’accorder une subvention de 150 000 $ par véhicule pour l’achat d’autobus électriques fabriqués au Canada. Lion serait une des seules entreprises à pouvoir se prévaloir de ce programme.

– Avec la collaboration de Francis Halin

Les Compagnies Loblaw       

  • Ventes : 24,36 G$  
  • Profits : 694 M$  
  • Capitalisation boursière : 29 G$  
  • Actionnaire de contrôle (52,6 %) : George Weston Limited  
  • Plus de 2400 magasins au Canada   
  • 190 000 employés    
  • Valeur de l’action (vendredi) : environ 85,60 $  
  • La division Loblaw détient plusieurs marques : Maxi, Provigo, Loblaws, Real Canadian Superstore et Pharmaprix/Shoppers Drug Mart   

Source : résultats financiers pour les six premiers mois de 2021

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