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Les manquements du président

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Photo d'archives, AFP L'ex-président américain, Barack Obama

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Non, Barack Obama n’est pas un citoyen américain ordinaire, car il a de l’influence et c’est un proche de l’administration Biden. On l’appellera « Monsieur le président » jusqu’à la fin de ses jours. Et comme on dit communément, il est « pesant ».

Il est le 44e président des États-Unis d’Amérique. Il a présidé aux destinées de la première économie du monde durant deux mandats électifs. De plus, il a été le commandant en chef de l’armée la plus puissante au monde, qui lui aura notamment permis de dégommer Kadhafi en Libye et de semer le bazar en Afrique avec les conséquences néfastes que l’on y constate encore à ce jour.

On l’a vu omniprésent, œuvrer comme catalyseur aux côtés de Joe Biden lors de la dernière campagne électorale aux États-Unis. Il a beau ne plus être en fonction, mais il n’en demeure pas moins qu’il a plus d’influence que tout autre citoyen américain. 

D’avance, je sais que mon propos enquiquinera certains de ses inconditionnels. Ils m’en voudront de critiquer le « symbole ». Mais je suis prêt à encaisser leur courroux, pourvu qu’une ou deux vérités jettent sur le Québec leur clarté essentielle.

Ingérence 

Nom féminin : fait de s’ingérer, de se mêler des affaires des autres. Synonymes : intervention, immixtion, interposition.

N’en déplaise aux exégètes du droit ou de la politique internationale, en diffusant son dernier tweet à l’avantage de Justin Trudeau, Barack Obama s’inscrit, sinon dans l’ingérence, du moins dans l’apparence d’ingérence. 

Qu’il s’agisse d’activités présumées russes ou chinoises dans le cadre d’une élection présidentielle états-unienne ou de tweets postés par un notable américain dans le cadre des élections fédérales canadiennes, la finalité est la même : avantager un candidat au détriment des autres.

Pour moi, quand un notable étranger influent se mêle d’une élection qui n’est pas la sienne, il s’inscrit dans de l’ingérence. Et la pire impertinence serait de penser qu’un tel geste soit insignifiant.

Une mauvaise habitude 

Déjà en 2019, lors des élections fédérales, certains observateurs et analystes outrés convenaient du fait que l’appui de l’ex-président des États-Unis, via son tweet présumé impromptu, avait été déterminant dans la réélection de Justin Trudeau. 

On se serait attendu à ce que cette fois, à la lumière des critiques exprimées à l’encontre de sa première immixtion « tweetée » dans une élection canadienne, Monsieur Obama fasse preuve de retenue. Mais non, il a récidivé... 

Aussi, alors qu’il était encore le président des États-Unis, n’est-ce pas Barack Obama qui, lors d’une allocution au Panama, à l’occasion du Sommet des Amériques en avril 2015, avait déclaré que « les temps où nous considérions que les É.-U. pouvaient mener des ingérences dans l’impunité sont révolus » ?

Alors, Monsieur Obama, parlant des élections fédérales canadiennes qui ne vous concernent pas, de quoi je me mêle ?