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Fédérales 2021: de retour à la case départ

Les libéraux de Justin Trudeau restent minoritaires et peu de circonscriptions changent de mains au Québec

CANADA-ELECTION/
Photo REUTERS Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a suivi avec attention hier la soirée électorale à la télévision dans une chambre d'hôtel du Fairmont Le Reine Elizabeth, à Montréal, en compagnie de son épouse, Sophie Grégoire Trudeau, de ses fils, Hadrien (7 ans) et Xavier (13 ans), ainsi que de sa fille, Ella-Grace (12 ans).

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Après 36 jours de campagne en pleine pandémie, 612 millions $ en dépenses et des débats acrimonieux, Justin Trudeau revient à la case départ.

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Il était en voie de former à nouveau un gouvernement minoritaire au moment d’écrire ces lignes, tôt ce matin, selon les prédictions des réseaux de télévision. 

À 0 h 30, le Parti libéral du Canada était en avance dans 158 circonscriptions et les conservateurs dans 121. À la dissolution du Parlement, les libéraux comptaient 155 députés et les conservateurs 119.

Les troupes de Justin Trudeau récoltaient 31,7 % des votes au pays, tandis que celles d’Erin O’Toole en obtenaient 34,1 %.

Au Québec, le Bloc québécois ne semblait pas avoir profité de l’indignation provoquée par le débat des chefs en anglais. Les résultats dans la province ne devraient pas être très différents de ceux d’avant le déclenchement des élections.

Élément crucial dans cette campagne, le parti d’O’Toole ne semblait pas non plus avoir effectué la percée espérée en Ontario.

La ministre Mélanie Joly a dit que la victoire libérale représentait la volonté des Canadiens de garder une approche « progressiste ».

« Le choix était évident durant cette élection vraiment importante. Est-ce qu’on voulait un gouvernement progressiste ou un gouvernement conservateur ? » a-t-elle souligné en entrevue à LCN.

  •  Écoutez le résumé de la soirée électorale de Philippe-Vincent Foisy et Maude Boutet sur QUB radio:

Longues files

Les luttes serrées et du retard dans la diffusion des résultats ont marqué cette soirée électorale.

Jugée en danger, la ministre libérale Diane Lebouthillier a réussi à résister à la pression bloquiste dans Gaspésie–Les Îles-de-la-Madeleine en l’emportant contre son adversaire Guy Bernatchez.

Les autres principales têtes d’affiche libérales au Québec ont aussi conservé leurs girons, comme le ministre Jean-Yves Duclos que l’on estimait fragile dans sa circonscription de Québec.

Dans Trois-Rivières, l’ancien maire de la ville et candidat conservateur Yves Lévesque menait une rude bataille à trois au moment d’écrire ces lignes, avec une avance de seulement quelques dizaines de voix contre son adversaire bloquiste.

En début de soirée, les conservateurs avaient pourtant pris une avance dans les Maritimes, réalisant des percées dans des châteaux forts libéraux.

Pour des électeurs au Québec et en Ontario, le scrutin a été marqué par de longues files d’attente dans les bureaux de vote, qui ont découragé certaines personnes de voter (voir texte en page 13). Les locaux et le personnel électoral ont manqué en raison de la COVID-19. Les attentes ont atteint jusqu’à deux heures dans certains endroits.

Comme un boulet

Cette courte campagne électorale a été serrée du début à la fin.

Le plus gros handicap de Justin Trudeau est d’avoir été incapable d’offrir une explication plausible sur la raison du déclenchement de ces élections anticipées en pleine pandémie. C’est un boulet qu’il a traîné tout au long des 36 jours de la campagne, ainsi que lors des débats des chefs. 

Un des débats a d’ailleurs eu une influence inattendue sur la dynamique électorale au Québec. Une question destinée au chef bloquiste, Yves-François Blanchet, pendant l’événement en anglais qui évoquait les « problèmes de racisme au Québec » a suscité une levée de boucliers.

Justin Trudeau a aussi dû composer avec une prise de position inattendue du premier ministre du Québec, François Legault, qui a implicitement invité les électeurs à voter conservateur. Les deux hommes seront forcés de cohabiter de nouveau.

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