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Quelqu'un sait pourquoi on est allé voter?

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Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Quand j’étais jeune, le dimanche, mon père nous faisait tous monter dans son auto pour « aller faire un tour de machine ». 

On s’en allait on ne savait pas trop où, faire on ne savait pas trop quoi, puis on revenait.

« Ça change le mal de place », disait ma mère.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

PARTIR SUR UN « NOWHERE »

C’est ce que Justin Trudeau a décidé de faire le 15 août dernier. 

Il nous a invités à faire un tour de machine. En pleine pandémie.

Pour une raison que même lui ne semblait pas connaître.

Coût de la balade : 612 millions de dollars. 

Y a-t-il un électeur canadien, un seul dans ce beau grand pays, qui sait pourquoi il est allé voter hier ?

Je suis sûr que non. 

On est monté dans l’auto de Justin et on a regardé par la fenêtre pendant 36 jours.

Le PLC n’avait même pas de chanson-thème rigolote !

Seul événement marquant de cette campagne ennuyante comme la pluie : la question hyper biaisée du débat anglais.

L’équivalent d’une crevaison sur un chemin de campagne entre Acton Vale et Saint-Liboire. 

Sinon, rien.

Du bois et des lacs, des lacs et du bois. 

  • Écoutez l'éditorial de Richard Martineau sur QUB radio: 

RETOUR À LA CASE DÉPART

La soirée électorale était à l’image de cette campagne : plate comme une queue de castor. 

Oh, les journalistes et commentateurs qui ont animé cette soirée ont fait un travail formidable !

Je regardais Pierre-Olivier Zappa faire virevolter des cartes de différents comtés sur son écran blanc et j’avais l’impression de voir une performance de Robert Lepage. 

Mais que voulez-vous, c’est comme s’il n’y avait pas d’enjeu. 

Les discussions sur l’élection étaient plus intéressantes que l’élection elle-même. 

Pour qu’une élection te prenne aux tripes, il faut que tu saches pourquoi tu es en élections ! Or, on ne l’a jamais su !

Résultat : on est revenu à la case départ, comme si Justin n’avait jamais frappé à la porte de la gouverneure générale. 

Le tour de machine est fini, le char est retourné dans le garage, et on a repris la partie de parchési exactement où on l’avait laissée, avec les mêmes pitons dans les mêmes trous, comme si on n’était jamais parti. 

Si au moins ça avait « changé le mal de place », comme disait ma mère.

Même pas. 

Justin est allé en élections sans aucune raison, et on ne l’a même pas puni. 

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