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Trudeau puni pour son pari

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Photo Agence QMI, TOMA ICZKOVITS

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Les Canadiens ont puni Justin Trudeau pour une élection que personne ne voulait sauf une poignée de libéraux pressés. 

Ce n’est pas une raclée, mais plutôt une petite tape sur les doigts qui lui permet de conserver le pouvoir.

Car n’oublions pas le postulat de départ. 

Les libéraux se croyaient capables de remporter une majorité de sièges. 

Les sondages étaient pour eux très favorables depuis des mois. 

Cinq semaines et 600 millions de dollars plus tard, ils réussissent à s’accrocher au pouvoir, mais ce n’est rien de glorieux. 

Justin Trudeau n’a jamais été en mesure de convaincre les Canadiens que ces élections étaient pour leur bien au moins autant que le sien. 

Résultat : dès le déclenchement, le PLC a entamé une longue glissade, jusqu’aux débats. 

Lui qui voulait avoir les deux mains sur le volant (sans le dire), il aura mené une campagne avec un bras attaché derrière le dos.

Peu de Canadiens voulaient cette élection. Ils lui ont fait savoir dans l’urne. 

Quel avenir pour O’Toole ? 

Au jeu des comparaisons, le chef conservateur Erin O’Toole n’a pas su profiter de l’ouverture.

Il a trébuché sur l’enjeu des armes à feu et son manque de clarté sur des sujets clés l’a coulé. 

Son recentrage pour attirer les électeurs modérés n’a pas convaincu.

Force est de constater que le Parti conservateur fait encore trop peur pour bien des électeurs.

Rien n’y a fait : ni le contrat de Erin O’Toole avec le Québec, ni l’appui tacite de François Legault. 

La grande coalition conservatrice se fera sans les nationalistes québécois, pour l’instant.

L’avenir de O’Toole au sein de son parti est plus qu’incertain. 

Comment pourra-t-il demeurer chef après avoir trahi autant de positions traditionnellement conservatrices sur les armes à feu, l’environnement ou encore les finances publiques ?

Ces compromissions qu’il a fait avaler à ses troupes en leur faisant miroiter le pouvoir risquent d’avoir un prix.  

O’Toole a planté les graines du progressisme au sein de son parti. L’avenir nous dira s’il en poussera quelque chose. 

Mieux que rien

Dès le début de la soirée, des libéraux à leur quartier général de l’hôtel Reine Elizabeth à Montréal baissaient les attentes. 

« Même si c’est un mandat minoritaire, c’est quand même un mandat », affirmait le lieutenant libéral du Québec, Pablo Rodriguez.

« C’est un privilège de diriger le Canada. Je ne vois pas quelqu’un faire la fine bouche si c’est un mandat majoritaire ou minoritaire. »

« Ce n’est jamais une défaite quand les gens vous font confiance pour diriger les destinées du Canada », a-t-il ajouté. 

Justin Trudeau n’aura pas été récompensé comme il l’espérait pour une gestion de la pandémie généralement appréciée des Canadiens.

Après tout, à peu près tout le monde qui le voulait était vacciné. Le pays a terminé la course à la vaccination dans le peloton de tête mondial.

Que s’est-il passé ? 

Nous en débattrons longtemps.

Force est de constater que les Canadiens ne partageaient pas l’opinion du premier ministre selon laquelle le Parlement qui a géré la pandémie de façon plutôt adéquate était si dysfonctionnel.

Les électeurs lui ont clairement fait savoir, en flambant au passage plus d’un demi-milliard $.

Beaucoup de questions se posent aussi concernant l’avenir de Justin Trudeau. 

Le chef libéral est-il le leader d’un seul gouvernement majoritaire ?

Son flair politique en a pris pour son rhume avec cette élection ratée.

La marque Trudeau a encore un certain pouvoir d’attraction, mais elle a visiblement ses limites.

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