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Élections fédérales: la pire participation au scrutin de l’histoire

Moins de 60 % des électeurs inscrits ont voté aux élections

Le scrutin de lundi dernier a été marqué par le pire taux de participation en 154 ans d’histoire du Canada.
Photo AFP Le scrutin de lundi dernier a été marqué par le pire taux de participation en 154 ans d’histoire du Canada.

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OTTAWA | Jamais si peu d’électeurs se sont rendus aux urnes qu’au scrutin fédéral de lundi, d’après les chiffres préliminaires. Le troisième gouvernement Trudeau se classe ainsi parmi ceux qui ont reçu le plus faible appui populaire de l’histoire.

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Seulement 58,7 % des électeurs inscrits ont répondu présent à l’appel du premier ministre. C’est le plus faible taux de participation calculé au Canada en 154 ans. 

Le précédent record de désaffection (58,8 %) a été établi en 2008 lorsque les conservateurs de Stephen Harper ont été portés au pouvoir. 

Élections Canada précise qu’il s’agit de chiffres préliminaires et qu’il faudra jusqu’à une semaine pour en arriver à des données finales, incluant tous les votes postaux, notamment. 

On est cependant loin des 67 % et 68,3 % de 2019 et 2015.

Rien d’étonnant pour le politologue Dennis Pilon de l’Université York, à Toronto, qui souligne qu’il s’agissait d’un scrutin dont personne ne voulait, une élection déclenchée pour une raison « cynique » : obtenir plus de pouvoir, dit-il.

M. Pilon ajoute que la très courte campagne a aussi plombé l’engagement populaire puisque « plus une campagne est longue, plus les gens ont le temps de s’y intéresser et plus les petites organisations ont du temps pour mobiliser les électeurs ». 

  • Écoutez l'analyse de Philippe-Vincent Foisy et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB radio:   

Crise de légitimité

Justin Trudeau prend ainsi les rênes d’un troisième gouvernement consécutif, bien qu’il n’ait reçu l’appui que d’une minorité de Canadiens : à peine 32 % des suffrages exprimés. Seulement 5 millions de votants ont choisi un candidat libéral, soit moins de 20 % des 27 millions d’électeurs inscrits.

« Il faut se demander si ceci est réellement un mandat légitime », estime Sharon Sommerville de l’organisation Représentation équitable au Canada qui milite pour une réforme du mode de scrutin.

« C’est très inquiétant un taux de participation si dramatiquement bas », renchérit la sénatrice indépendante Marilou McPhedran, qui fait campagne pour abaisser l’âge du vote à 16 ans au fédéral.

Mode de scrutin

La sénatrice estime que cette mesure stimulerait la participation à long terme puisque plus les électeurs vont aux urnes tôt dans leur vie, plus ils y seront fidèles plus tard.

Elle appelle à introduire cette mesure en plus d’un mode de scrutin proportionnel afin que le Parlement représente plus fidèlement le vote populaire.

« Qu’un parti obtienne 5 % des votes, mais aucun siège, comme c’est le cas actuellement [avec le Parti populaire du Canada], ce n’est pas démocratique, ça ne passe simplement pas le test du sens commun », appuie M. Pilon.

« Ça décourage les gens d’aller voter », ajoute Mme Sommerville.

Le politologue souligne néanmoins qu’une réforme du mode de scrutin à elle seule ne motivera pas les électeurs à aller aux urnes en plus grand nombre si la classe politique est incapable de s’attaquer aux enjeux qui les préoccupent.

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