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Hydro-Québec: l’entente avec Kahnawake a pu faire la différence

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Sans être décisif, le partenariat historique conclu l’été dernier avec la communauté mohawk de Kahnawake, en Montérégie, aura probablement contribué à l’obtention par Hydro-Québec du contrat majeur d’approvisionnement électrique de la ville de New York.

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Selon nos informations, l’État de New York, responsable de l’appel de proposition auquel a répondu la société d’État, accordait une attention toute spéciale à l’acceptabilité sociale des projets reçus. 

« Je n’ai pas le détail précis du pointage, nous a confié une source proche du dossier. Mais il n’y a pas de doute que cet élément d’entente avec les autochtones a pesé dans la balance. »

Évalué à 20 milliards $ par le premier ministre, ce contrat d’exportation – le plus important jamais décroché lundi par Hydro-Québec – consiste en la livraison de 10,4 TWh d’électricité par an à New York, pour une durée de 25 ans. 

À terme, une fois les travaux de construction terminé et la mise en service complétée d’ici la fin 2025, on estime que 20 % de toute l’électricité consommée par les New-Yorkais dans une année proviendra du Québec.

Encore des détails à finaliser

Si Hydro-Québec s’est montrée discrète, à ce jour, sur les revenus et bénéfices qu’elle entend tirer de ce projet d’envergure, elle n’a pas hésité à rappeler son partenariat, datant de juin dernier, avec le Conseil des Mohawks de Kahnawà:ke. 

Passée inaperçue jusque-là, cette entente entre les Mohawks et Hydro-Québec prévoyait qu’advenant l’obtention du contrat de l’État de New York, Kahnawake deviendrait copropriétaire minoritaire de la ligne de transport à construire au Québec jusqu’à la frontière américaine.

La PDG d’Hydro-Québec, Sophie Brochu, s’est entretenue hier avec la grande cheffe Kahsennenhawe Sky-Deer, à Kahnawake.

La PDG d’Hydro-Québec, Sophie Brochu, s’est entretenue hier avec la grande cheffe Kahsennenhawe Sky-Deer, à Kahnawake, au sujet de l’entente de partenariat liée au contrat d’électricité avec l’État de New York.
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La PDG d’Hydro-Québec, Sophie Brochu, s’est entretenue hier avec la grande cheffe Kahsennenhawe Sky-Deer, à Kahnawake, au sujet de l’entente de partenariat liée au contrat d’électricité avec l’État de New York.

Hydro et le Conseil de Kahnawake refusent de divulguer des éléments précis de cette entente, soutenant que des détails restaient à être finalisés. « Nous sommes toujours en négociation, a reconnu le chef Mike Delisle Jr. Mais j’ai bon espoir qu’on arrive à s’entendre. »

Des territoires concédés

La ligne de transport souterraine de 60 km, à construire entre le poste électrique d’Hertel, à La Prairie, et la frontière canado-américaine, n’empiétera d’aucune manière sur le territoire de la communauté autochtone de Kahnawake. 

Toutefois, il traversera en partie celui de terres ancestrales, trois fois plus vastes, connues sous le nom de Seigneurie de Sault-Saint-Louis, concédée en 1680. D’une superficie d’environ de 24 000 acres (97,12 km2), ce territoire correspond aujourd’hui, en plus du territoire autochtone de Kahnawake, aux municipalités de Saint-Constant, de Sainte-Catherine, de Delson, de même qu’à une partie de Candiac, de Saint-Philippe et de Saint-Mathieu.

La part que détiendront les Mohawks dans l’infrastructure de transport qui sera érigée dans les prochaines années demeure un mystère. Mais selon nos informations, cette dernière avoisinerait les « 10 à 20 % », faisant de la communauté un partenaire à part entière du projet.

Vrai partenariat d’affaires

« On ne parle pas ici de compensations. Ils contribueront autant aux coûts de construction de la ligne et aux bénéfices de son exploitation. C’est un vrai partenariat d’affaires », soutient le directeur des communications d’Hydro, Serge Abergel. 

C’est d’ailleurs à ce titre, celui de partenaire d’affaires, que Sophie Brochu, PDG d’Hydro, s’est rendue à Kahnawake. Prévue depuis longtemps, cette rencontre fut surtout l’occasion pour la PDG – vu les circonstances – d’exprimer sa satisfaction d’entreprendre un premier partenariat d’affaires avec la communauté.

«Nous avons tous été très impressionnés par son attitude, a confié le Chef Delisle après la rencontre. Son écoute, son franc-parler, sa façon d’interagir avec nous d’égale à égale, n’augure que du bon pour l’avenir.»

–Avec Olivier Bourque

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