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Réforme de la loi 101: trop de postes exigent le bilinguisme, déplorent des syndicats

Bloc emploi embauche travail
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Des organismes relevant du gouvernement québécois et certaines municipalités exigent la maîtrise de l’anglais pour la quasi-totalité de leurs postes, ont déploré des syndicats dans le cadre de la réforme de la loi 101.

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Par exemple, l’Institut national du sport du Québec «demande pratiquement à 100% de son personnel d’être bilingue», a déploré la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) en commission parlementaire, mercredi.

De la même façon, la Cinémathèque québécoise exige une maîtrise de l’anglais pour environ 80% des postes, selon la fédération syndicale. «Pour la Cinémathèque québécoise, ça fait sursauter, des chiffres comme ça. Il faut vraiment resserrer la vis de ce côté-là», a déclaré son secrétaire général, Denis Bolduc.

Invité à commenter, l’Institut national du sport a fait valoir qu’il intervient «auprès d’athlètes canadiens unilingues anglophones» et collabore régulièrement avec des organisations partout au Canada et à l’international, où l’anglais s’avère nécessaire.

Plus dur pour un francophone

Dans son mémoire présenté, la FTQ affirme d’ailleurs que «présentement, une personne unilingue francophone a plus de difficulté à se trouver un emploi à Montréal qu’une personne unilingue anglophone».

«Ainsi, lors de l’assemblée du conseil de l’OQLF au mois de février 2021, les membres présents ont entériné l’octroi de plusieurs certificats de francisation à des entreprises où les exigences de bilinguisme étaient de l’ordre de 100 %», écrit la fédération dans son mémoire.

Pour illustrer la situation, le député péquiste Pascal Bérubé a publié sur Twitter, mercredi, une offre d’emploi qui exige la maîtrise de l’anglais pour un poste de «Chef de division – Sports et programmes» à la Ville de Rosemère. Fait à noter, Rosemère est officiellement une ville bilingue, même si seulement environ 12% de sa population est anglophone.

La FTQ a donc appuyé la modification prévue au projet de loi 96, qui affirme qu’un employeur devra désormais prendre «tous les moyens raisonnables» pour éviter d’exiger le bilinguisme dans une offre d’emploi. 

Des municipalités aussi

Les propos de la fédération syndicale ont fait écho à ceux du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), la veille, qui était venu déplorer une situation similaire dans certaines municipalités.

«À la Ville de Gatineau, par exemple, on exige que tous les fonctionnaires cols blancs aient une bonne maîtrise de l’anglais», a dénoncé la conseillère à la recherche au SCFP, Nathalie Blais.

De la même façon, plus de la moitié des arrondissements montréalais «font du bilinguisme ou de la connaissance de l’anglais une condition d’embauche», a-t-elle également souligné.

Ce qu'ils ont dit  

  • «C’est trop facile de dire "parce que j’ai un client à l’extérieur du Québec qui est anglophone, mon personnel doit parler anglais".» 
  • «Le mot est peut-être un peu fort, mais militer pour le bilinguisme à Montréal ou au Québec, c’est militer pour la mort du français.» – Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ 
  • «Des municipalités qui comptent moins de 20% de population [anglophone] et qui veulent exiger une connaissance de l’anglais à l’embauche, c’est un obstacle. C’est inacceptable au Québec.» – Pascal Bérubé, député du Parti québécois