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Accusé d’avoir fraudé des aînés pour près de 13 M$

Un Montréalais fait face à une demande d’extradition de la part des États-Unis

Ari TIETOLMAN
Photo tirée de Facebook Le Montréalais Ari Tietolman se présente comme un photographe et producteur de musique, mais il aurait été à la tête d’un réseau de fraudeurs qui s’en prenait à des aînés vulnérables aux États-Unis en leur vendant de faux services antifraude.

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Le FBI et le puissant Homeland Security ont présenté une demande d’extradition pour mettre le grappin sur un Montréalais accusé d’avoir dépouillé des aînés américains de 13 millions $ US, en leur vendant de fausses protections contre la fraude et des conseils juridiques au rabais.

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« Il ciblait des aînés avec des appels non sollicités. Et à travers des fausses déclarations et représentations, les victimes se faisaient convaincre de donner leurs informations bancaires. Les produits étaient une arnaque totale », affirme un procureur de la Pennsylvanie dans des documents de cour déposés ce mois-ci au palais de justice de Montréal contre Ari Tietolman.

Le Montréalais de 47 ans se présente comme photographe, producteur de musique et même agent d’artiste. Mais derrière cette image se cacherait un redoutable fraudeur n’hésitant pas à s’en prendre aux plus vulnérables, avec un stratagème bien rodé pour éviter de se faire attraper.

Entre 2011 et 2013, il aurait empoché environ 13 M$ US (16,58 M$ CAD), affirment le FBI et le Homeland Security (département de la Sécurité intérieure).

Faux banquier

Selon une victime de 86 ans rencontrée par les enquêteurs au New Jersey, des fraudeurs l’auraient contactée en se faisant passer pour des employés de la banque Wells Fargo. L’aînée se serait fait proposer un service antifraude, mais en raison de ses faibles moyens, elle a refusé.

« Mais comme il disait travailler à la banque, elle a donné ses informations », indique le document de cour en ajoutant qu’elle avait ensuite été fraudée.

Une septuagénaire de Californie s’est fait avoir en se faisant mettre de la pression, tandis que les fraudeurs auraient réussi à flouer une nonagénaire en perte d’autonomie au Texas.

D’après les enquêteurs, Tietolman ordonnait à ses sbires d’enregistrer les conversations, qu’il altérait pour faire croire que les victimes acceptaient de payer.

« Il avait de l’équipement d’édition sonore de grande valeur et savait l’utiliser », indiquent les procureurs américains.

Dépôts de moins de 10 000 $

Mais si Tietolman s’était rempli les poches, il fallait encaisser le montant à la banque et transférer le tout au Québec sans attirer l’attention des autorités. 

Ainsi, les documents de cour indiquent que le présumé fraudeur embauchait plusieurs personnes aux États-Unis afin d’ouvrir de nombreux comptes bancaires.

« Tietolman faisait attention de leur dire de ne pas effectuer de dépôts de plus de 10 000 $, pour que les banques ne soient pas obligées de déclarer la transaction au gouvernement américain », peut-on lire dans la demande d’extradition.

Les montants étaient ensuite envoyés au Canada, par tranche de moins de 10 000 $.

Toutes ces précautions n’auraient toutefois pas été suffisantes puisque le Montréalais a été arrêté. 

Il risque des décennies d’incarcération, et des millions de dollars en amendes.

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