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Le glamour de la marque Trudeau est fini

Le glamour de la marque Trudeau est fini
AFP

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En 1942, les troupes britanniques infligent une défaite cruciale aux Allemands lors de la deuxième bataille d’El Alamein, en Égypte.

« Ce n’est pas la fin, dit alors Churchill. Ce n’est même pas le début de la fin. Mais c’est peut-être la fin du début. »

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

On a envie de renverser les mots et de les appliquer à Justin Trudeau.

Pour lui, les résultats de lundi ne marquent pas la fin du début, mais le début de la fin.

Échappé belle

Certes, il continuera à gouverner. Avec l’appui du NPD, il ira de l’avant avec ses visées centralisatrices et dépensières.

Il aura aussi un répit, car personne ne veut de nouvelles élections bientôt.

Mais sort-il grandi de ces élections ? Tout le contraire.

Dès que l’élection s’est transformée en un référendum sur sa propre personne, il se battait pour sauver sa carrière.

Il arrive premier, mais salement amoché.

Il doit sa survie politique au fait que le vote libéral est mieux distribué sur le territoire que celui des conservateurs, ce qui lui procure plus de sièges.

Mais pour la deuxième élection consécutive, le PLC obtient moins de votes que le PC.

Pour la deuxième élection consécutive, il ne décroche pas la majorité visée.

Que reste-t-il de la rock star d’il y a quelques années ?

À l’époque, mes amis en Espagne me disaient qu’ils étaient jaloux.

Je répondais : « Euh, je vais devoir vous expliquer quelques affaires, les gars... »

Le glamour de la marque Trudeau est fini. L’homme est maintenant perçu pour ce qu’il a toujours été : un être médiocre, opportuniste et superficiel.

Quand vous n’êtes pas capable de passer le K.-O. à Andrew Scheer et Erin O’Toole, qui ne sont pas exactement Brian Mulroney ou Stephen Harper, vous illustrez cruellement vos limites. 

L’usure du pouvoir est également frappante, aussi frappante que le niveau d’agacement que le personnage suscite en dehors des cercles d’adorateurs fervents.

De larges pans de l’establishment libéral sont en furie. 

Dans le sport professionnel, on tolère souvent les frasques d’un premier choix de repêchage s’il est immensément talentueux et livre ou se prépare à livrer la marchandise sur le terrain.

Trudeau, ce sont les frasques, mais avec ses limites cruellement exposées, et sans les résultats.

Je peux me tromper, mais je ne crois pas que, dans l’histoire canadienne, un premier ministre ait même tenté de décrocher un quatrième mandat après deux gouvernements minoritaires de suite.

Aspirants

Voyez aussi les nuages gris au-dessus de sa tête.

La quatrième vague de la pandémie prend de la force.

Des affrontements épiques se profilent avec les provinces, surtout avec l’Alberta, autour de la péréquation, mais aussi pour le financement de la santé.

Il n’y aura pas de guerre civile au sein du PLC comme du temps de l’affrontement entre Jean Chrétien et Paul Martin.

Mais attendez-vous à voir les aspirants à la succession de Trudeau multiplier les soupers-spaghettis auprès des militants.

Cette élection aura marqué le début de sa fin.

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