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Le Québec incontournable?

Le Québec incontournable?
Photo Stevens LeBlanc

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Le premier ministre François Legault jure n’avoir aucun regret d’être intervenu dans la campagne fédérale pour enjoindre aux Québécois de voter « bleu » conservateur.

Les libéraux de Justin Trudeau ayant remporté l’élection, les adversaires de M. Legault l’accusent donc d’en être sorti le « grand perdant ». Surtout, d’avoir affaibli ainsi le rapport de forces du Québec face au gouvernement Trudeau.

Il est vrai que la relation Trudeau-Legault risque d’en pâtir. Seul le temps dira toutefois si le Québec en paiera ou non le prix quand viendra le temps de négocier des dossiers aussi cruciaux que les transferts en santé.

Sans le Québec

Selon M. Legault, « ce qu’il faut retenir » aussi des résultats de lundi soir, « c’est que le Québec est incontournable pour un parti qui veut un gouvernement majoritaire à Ottawa ». 

Or, la réalité est nettement moins réjouissante. Quelques exemples ? En 1993, en plein psychodrame post-Meech, les libéraux de Jean Chrétien remportent néanmoins une majorité de sièges. Ce qu’ils font sans le Québec. 

Sous Lucien Bouchard, le Bloc québécois remporte en effet 54 sièges. Parti souverainiste, il n’en récolte pas moins le statut convoité d’opposition officielle. Le PLC devant se contenter de 19 sièges au Québec. 

Rebelote en 2011. Les conservateurs de Stephen Harper raflent une majorité de sièges avec 5 élus seulement au Québec. Le Bloc est happé de plein fouet par la « vague orange » de Jack Layton, dont le NPD fait élire 59 députés au Québec.

Le vrai problème

Évidemment, chaque élection a sa propre dynamique. Il arrive que le Québec puisse influer sur la formation ou non d’un gouvernement canadien majoritaire.

Mais il arrive aussi que le poids de l’électorat québécois pèse peu dans la balance de l’élection ou non d’un gouvernement majoritaire au fédéral.

C’est bien là ce qui, au sein même de la fédération, rogne peut-être le plus durement le mythique « rapport de forces » du Québec face au fédéral. Et ce, que le parti au pouvoir soit rouge ou bleu.

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