/finance/real-estate
Navigation

Le taux d’inoccupation des bureaux à Montréal atteint des sommets

STOCKQMI-MONTREAL
Joël Lemay / Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

Le taux d’inoccupation des espaces de bureau à Montréal s’est accentué au cours du troisième trimestre et a atteint des sommets inégalés dans la métropole, selon le dernier rapport de CBRE publié jeudi. 

Montréal, qui réagit souvent à retardement par rapport aux autres marchés canadiens, a vu son taux d'inoccupation dans les bureaux du centre-ville passer de 11,1 % au deuxième trimestre à 13,2 % au troisième, soit un record absolu pour la métropole, a indiqué la société de services immobiliers commerciaux dans son rapport.

Au centre-ville, plusieurs locataires d'envergure ont délaissé de grandes superficies de bureau, d'autres ont cherché à réduire leur empreinte, alors que certains ont eu recours à la clause de résiliation de leur bail après avoir sous-loué leurs installations, fait état le rapport trimestriel de CBRE. La durée moyenne des renouvellements, des nouvelles ententes et des prolongations est aussi en baisse depuis 2020.

En banlieue, le marché des bureaux fait toutefois preuve de résilience; l'inoccupation a même reculé à 16,8 % au cours du trimestre, alors qu’à Montréal les locataires de bureaux sont principalement attirés vers la couronne centrale, l'Ouest-de-l'Île et l'est de Montréal près des transports en commun.

«La quatrième vague a contrecarré le retour des employés dans les bureaux canadiens, mais on voit que la situation se stabilise au pays, ce qui porte à croire que les entreprises envisagent de plus en plus la réalité postpandémique», a avancé Paul Morassutti, vice-président et directeur général chez CBRE Canada, qui anticipe une reprise de la croissance au cours des prochains trimestres.

Tendances industrielles autres records

Au troisième trimestre, le segment industriel a franchi deux nouveaux jalons au Canada. Le taux de disponibilité national a chuté à 2 %, un creux inégalé, et le prix moyen des loyers est désormais de 10,03 $ le pied carré.

À Montréal, le déséquilibre entre l'offre et la demande s'est intensifié et a écrasé le taux de disponibilité des installations industrielles à un creux historique, selon le rapport du CBRE. Le taux montréalais (1,2 %) fait de la métropole l’un des marchés les plus tendus d'Amérique du Nord.

Les hausses de loyers, qui s'étendent depuis les 18 derniers trimestres, ont gonflé les loyers de 22,5 % sur 12 mois, équivalant à un prix moyen de 8,81 $ le pied carré.

Du côté des entrepôts de distribution et de logistique, la demande est sans précédent. En raison du déséquilibre entre l'offre et la demande dans la plupart des marchés, les loyers ont augmenté de 34,5 % à l'échelle canadienne au cours des trois dernières années. À Toronto, Montréal et London, ils ont augmenté respectivement de 74,1 %, 56,2 % et 50,7 % au cours de cette période.

«La seule solution pour pallier la hausse des loyers est d'aménager de nouvelles installations, mais les plus longs échéanciers des chantiers, la hausse des coûts et la pénurie de terrains à bâtir comportent tout un défi pour ceux qui tentent de s'établir dans nos métropoles et les environs», a soutenu M. Morassutti.

Les chantiers en cours totalisent 4,6 millions de pieds carrés, dont 3,4 millions de pieds carrés qui devraient être livrés d'ici la fin de l'année. Cependant, cela n'arrivera pas à soulager la demande refoulée puisque 64,1 % de ces installations font déjà l'objet d'une entente de location alors que celles qui ouvriront leurs portes en 2021 sont presque entièrement louées.