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Coupe Ryder 2021: domination bleu blanc rouge

La formation américaine prend sa meilleure avance à la Coupe Ryder

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Photo AFP Bryson DeChambeau s’exécutant sous haute surveillance en route vers le 16e trou, vendredi.

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SHEBOYGAN, Wisconsin | Dans le format actuel de la Coupe Ryder, jamais les Américains n’avaient piétiné les Européens de cette façon en lever de rideau. Ils ont dominé en remportant cinq des huit matchs à l’affiche, vendredi, sur le parcours de Whistling Straits.

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Si bien qu’ils ont pris une confortable avance de 6 à 2 par une magnifique journée sur les berges du lac Michigan. Du jamais-vu depuis que l’équipe européenne a pris forme il y a 42 ans, en 1979. 

La formation de Steve Stricker a rapidement inscrit trois points au tableau en matinée, notamment grâce aux quatre recrues envoyées dans la mêlée. Collin Morikawa, Patrick Cantley, Xander Schauffele et Daniel Berger ont tous enregistré une première victoire. Du lot, celle du duo Cantley-Schauffele mérite d’être surlignée en gras, car il a quasi ridiculisé les vétérans Rory McIlroy et Ian Poulter (lire autre texte). 

Et lors de la séance de l’après-midi, les favoris de la foule ont ajouté trois autres points dans des matchs plus chaudement disputés. Les dizaines de milliers de spectateurs sillonnant le Straits sous le soleil en profitant de la légère brise ont assisté à un véritable spectacle bleu-blanc-rouge. Le vent s’est levé en fin de journée avant l’arrivée des nuages et de la pluie.

Travail d’équipe

« Nous avons tenu le coup jusqu’à la fin, a précisé Schauffele en soulignant la combativité de ses derniers coéquipiers en piste. Tôt dans cette journée, il fallait amasser des oiselets pour gagner des trous. Et en fin de journée, les normales étaient payantes. C’était une journée différente du début à la fin. »

Onze des 12 golfeurs américains impliqués ont inscrit des points au tableau. Seul Jordan Spieth n’y est pas parvenu. Mais il s’est signalé d’une autre façon.

« Je suis vraiment fier de l’équipe », a lâché Bryson DeChambeau qui a livré un match nul en compagnie de Scottie Scheffler. Celui-ci est toujours en quête d’un premier gain à sa deuxième participation à la Coupe Ryder.

« Nous avons livré de belles batailles, a ajouté l’auteur de plusieurs coups épatants. C’est un excellent départ, mais le travail n’est pas terminé. Il reste encore deux jours. C’est énorme. Il ne faut pas oublier notre objectif pour gagner. »

Comme rien n’est garanti, Stricker a rappelé qu’une nouvelle journée les attendait. Ses troupiers doivent appliquer les leçons du passé. La mission est de remporter chaque séance. 

20 points à l’enjeu

Les Européens ne peuvent jeter la serviette trop rapidement. Par le passé, deux fois l’équipe dominée en première journée a réussi à combler l’écart. La dernière fois, au fameux Country Club de Brookline au Massachusetts, les Américains avaient remonté la pente en l’emportant finalement 14,5 à 13,5 après avoir tiré de l’arrière 6-2 le vendredi soir.

C’est pourquoi les Européens doivent s’accrocher à l’espoir de faire tourner le vent. Avec deux matchs serrés encore en cours en fin d’après-midi, Rory McIlroy et Shane Lowry refusaient de broyer du noir et espéraient de précieux points. 

Leurs coéquipiers ont finalement fait des matchs nuls, engendrant donc un seul point. « Nous pourrions revenir de l’arrière avec un retard de 6-2 », a répété McIlroy à la fin d’une journée difficile et à oublier. 

« On ne doit pas s’avouer vaincu. La bataille n’est pas finie, a rappelé Tyrrell Hatton qui a insufflé de l’espoir à ses coéquipiers en réussissant à arracher un précieux demi-point grâce à un solide roulé réussi au 18e. C’était un moment important pour notre équipe. On espère que le vent tournera. »

Sonné par ce mauvais départ, le capitaine Padraig Harrington doit maintenant brasser la soupe. Il a remodelé ses paires en prévision de la seconde journée sur le parcours. Seul Jon Rahm retrouvera Sergio Garcia ce matin. McIlroy réchauffera le banc. 

Une chose à la fois

Plusieurs observateurs auraient souhaité se transformer en petit moineau pour assister aux discussions d’équipe, vendredi. Il a parlé à chacun de ses hommes avant de les renvoyer à l’hôtel où il tenait une réunion en soirée.

Le capitaine souhaiterait entre autres voir plus de roulés tomber dans les coupes pour créer un certain rythme, ce qui a terriblement blessé ses troupes, vendredi. Et il doit aussi voir à ce qu’elles suivent la cadence sur les normales 5 où les Américains ont fait des dommages en raison de leur puissance.

Il a prôné la patience en plaidant pour gagner un point à la fois. Cliché, mais il ne peut sauter les étapes.

 

En direct du « Straits » 

LANCEMENT SPATIAL

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Photo AFP

Bryson DeChambeau a encore repoussé les limites de l’entendement avec son fameux bois de départ, le « Kraken ». Sur la normale 5 du 5e trou mesurant 581 verges vendredi, il a catapulté sa balle à 417 verges ! Cette normale 5 est surnommée « Snake » parce qu’elle est d’abord coudée vers la droite et ensuite vers la gauche en direction du vert. Le puissant Américain a décidé d’emprunter une route particulière à la droite de l’étang. Sa balle a facilement survolé les spectateurs et l’étendue d’eau en s’arrêtant à 72 verges de l’objectif en raison du raccourci. Il a ensuite placé sa balle à 4 pieds du fanion et inscrit un aigle afin de gagner le trou face à Jon Rahm et Tyrrell Hatton. « Avec le vent de plus de 25 km/h, je devais essayer de prendre cette direction unique et j’ai réussi à cogner une bombe », a simplement expliqué Bryson. En cognant avec précision dans le contexte de la Coupe Ryder à cet endroit relativement plat, DeChambeau a réussi un exploit. Il a même battu par 40 verges la fameuse frappe réalisée au par 5 du 6e trou à Bay Hill dans sa victoire à l’Invitation Arnold Palmer en mars dernier.

UNE VIRÉE À S’OFFRIR

Pour les amateurs de golf qui salivent devant leur téléviseur à l’idée de s’offrir une virée au Wisconsin pour jouer au Straits de Whistling Straits avant la fin de la saison, il faut d’abord trouver un temps de départ et ensuite passer à la banque ! Il est impossible de réserver un temps de départ plus que deux semaines à l’avance. Le tarif d’une ronde en début d’après-midi s’élève à plus de 340 $ US. À cela s’ajoutent les frais de cadets de 70 $ par personne et on suggère un pourboire d’environ 50 $. Le Straits ne se joue qu’à la marche, pas de voiturette. La facture s’élève donc à plus de 450 $. Mais soyez assurés qu’elle en vaut chaque dollar sur l’un des plus beaux parcours des États-Unis.

BEAUCOUP D’OISELETS

Un autre match a aussi retenu l’attention : celui opposant Dustin Johnson et Collin Morikawa à Paul Casey et Viktor Hovland. Les Américains ont amassé pas moins de sept oiselets jusqu’à ce qu’ils achèvent les Européens au 16e fanion. « C’était fabuleux, a témoigné DJ. Nous savions que nous allions jouer ensemble. Même si c’est sa première présence à ce tournoi, Collin ne joue pas comme une recrue. Nous sommes de bons partenaires, spécifiquement dans la formule en quatuor. C’était une solide performance. »

LOGIQUE RESPECTÉE

Justin Thomas n’a pas connu sa meilleure matinée en formule quatuor avec Jordan Spieth, notamment en raison d’un fer droit peu coopératif, mais il a démontré pourquoi il ne pouvait rester les bras croisés en après-midi. Le capitaine Steve Stricker l’a renvoyé sur le terrain pour participer à la session en formule 4-balles. En carrière à la Coupe Ryder et à la Coupe des Présidents, il présentait une fiche parfaite de 6 victoires avant de prendre le départ. En faisant durer le suspense jusqu’au 18e avec son compatriote Patrick Cantley, il est resté invaincu dans un match nul face à Hovland et Fleetwood. 

L’ENFANT TERRIBLE LESSIVÉ

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Photo AFP

Est-ce qu’Ian Poulter a trop étiré l’élastique ? C’est ce que certaines langues sales ont débité vendredi matin quand l’enfant terrible anglais a connu un abominable départ en compagnie de Rory McIlroy. Tirant de l’arrière par cinq trous après cinq, notamment en raison de trois oiselets consécutifs de leurs rivaux, les deux vétérans en ont eu plein les bottines et la calotte face aux recrues américaines Xander Schauffele et Patrick Cantley. Lessivés 5 & 3, la paire européenne n’a jamais si mal paru. Malgré tout, Poulter a signalé que c’était dommage, car son coéquipier et lui avaient pourtant « bien joué ». Ah oui ? Ils ont ajouté 3 coups à la normale à l’allée et 6 coups de plus que les Américains... Ils ont inscrit trois oiselets avant la fin du duel au 15e. Deux d’entre eux ne leur ont pas permis de combler l’écart. « Je ne sais pas si quelqu’un pouvait les battre », a dit McIlroy, débiné. Celui-ci n’a guère mieux paru en encaissant une autre cuisante défaite en après-midi.