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Des milliers de personnes marchent pour le climat

Des manifestations pour la justice climatique ont eu lieu dans plusieurs villes du Québec

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Le monument dédié à Sir George-Étienne Cartier a servi de point de départ aux manifestants.

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Des milliers de personnes, jeunes pour la plupart, ont participé vendredi aux plus grandes manifestations pour le climat à s’être déroulées au Québec depuis celle avec Greta Thunberg en 2019.

Les manifestants ont déambulé dans les rues de plusieurs villes de la province, vendredi après-midi, dont à Sherbrooke, à Québec et à Montréal.

Dans la métropole, ils ont été environ 10 000 à marcher du monument dédié à Sir George-Étienne Cartier jusque devant les bureaux de la Gendarmerie royale du Canada, dans l’arrondissement Westmount, demandant aux décideurs d’agir au niveau des changements climatiques.

« À cause des changements climatiques, on n’est pas sûrs de notre futur, s’inquiète Alexia Lehouiller-Berthiaume, 14 ans. On ne sait pas si on va mourir [jeunes], carrément. »

« On veut allier la justice sociale à la justice climatique », a expliqué Rosalie Thibault, coordonnatrice de la manifestation pour la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES), qui réclame zéro émission de gaz à effet de serre d’ici 2030.

Relancer la lutte

La foule était loin d’être aussi importante que celle de 2019, lorsque Greta Thunberg s’était amenée à Montréal pour diriger une manifestation de 300 000 personnes.

Mais plusieurs espèrent qu’il s’agit d’un nouveau souffle pour le mouvement de lutte contre les changements climatiques après un an et demi de pandémie. L’an dernier, en pleine deuxième vague et sans vaccin, seulement quelques centaines de personnes avaient marché à Montréal.

« On a mis ça sur pause, estime Marie-Noële Pilon, venue avec ses deux enfants. C’est important la crise sanitaire, mais moi je pense qu’elle découle d’une crise beaucoup plus grande [la crise climatique]. »

Pour Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace Canada, la population a toutes les raisons de s’inquiéter des changements climatiques comme elle s’inquiète de la COVID-19.

« Les changements climatiques touchent particulièrement la santé, et moins on va réduire nos émissions rapidement, plus il y aura de morts. On a juste à penser aux canicules meurtrières et aux feux de forêt. »

Grève et pédagogique

Les jeunes formaient la majorité des manifestants, alors que 112 000 étudiants à travers le Québec étaient en grève pour le climat.

Plusieurs élèves du primaire et du secondaire ont également profité d’une journée pédagogique vendredi pour se joindre à la marche. 

Une vingtaine d’enseignants de Montréal ont été libérés pour aller manifester à leurs côtés. 

La police de Montréal a arrêté trois personnes lors de la manifestation, dont une pour voies de fait sur un policier. 

Trois générations de militants

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Photo Anne-Sophie Poiré

« La crise climatique est une crise de santé publique. Si on veut protéger la santé collective, il faut protéger la santé de la planète », a rappellé Jérôme Leclerc, infirmier clinicien et membre du conseil exécutif de La planète s’invite en santé.

« L’environnement, c’est une affaire de famille », a lancé son père, Richard Leclerc, qui l’accompagnait à la manifestation pour le climat, avec son petit-fils, Lucien. 

Plus critique que la pandémie

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Photo Anne-Sophie Poiré

« La nouvelle génération se lève en sentinelle », laisse tomber Abdul, membre de Solidarité sans frontière, venu « se mettre debout » pour le climat.

« Il y a la pandémie, il faut être prudent et respecter les gestes barrière, mais on sent qu’on court un danger encore plus grand avec les changements climatiques, soutient le militant. On sent que c’est beaucoup plus sérieux et on voit que rien ne se fait. » 

Sa tribune pour la planète

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Photo Anne-Sophie Poiré

« Je veux faire une différence. Avec une tribune vient une responsabilité, et ça va de soi que je l’utilise pour parler des causes qui me tiennent à cœur », a plaidé la militante et créatrice de contenu sur les réseaux sociaux Jessie Nadeau (au centre). 

Et elle ne s’en cache pas, quand ses 180 000 abonnés Instagram la voient parler d’un enjeu, « ils vont plus m’écouter qu’une personne qui n’a pas de tribune », dit-elle. 

Clin d’œil aux bélugas 

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Photo Olivier Faucher

Médéric Durant, 25 ans, avait un slogan original sur sa pancarte : un jeu de mots avec « c’est assez » et cétacé (mammifère aquatique). 

« Avec le projet GNL Québec, on est passé proche. Il y avait tout le questionnement sur les bélugas qui se retrouvaient dans le fleuve », a expliqué l’étudiant à la maîtrise en écologie forestière. Il estime qu’il est temps de remettre de l’avant les enjeux environnementaux après que ceux-ci eurent été éclipsés par la pandémie. 

Manif en pédagogique

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Photo Olivier Faucher

Marie-Noële Pilon est venue manifester avec ses deux enfants qui profitaient d’une journée pédagogique.  

« Je trouve ça important de transmettre ça à mes enfants parce que ça va être encore plus leur combat dans quelques années », a-t-elle expliqué. Son garçon, Théo Jolivet, âgé de 8 ans, s’inquiète que le monde « manque d’eau et n’aille pas bien » à l’avenir. 

« Je pense qu’il faut leur montrer que c’est notre avenir et que s’ils ne font rien, ça va beaucoup affecter notre génération », pense sa fille, Flavie Jolivet, 12 ans.