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L’urgence de Saint-Eustache encore à éviter

Urgence hopital
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Pour la septième fois depuis juillet, le CISSS des Laurentides implore la population d’éviter l'urgence de l’Hôpital de Saint-Eustache, où plus de 40% des postes de soignants ne sont pas pourvus actuellement.  

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«C’est du jamais vu. Ça n’a plus de bon sens, faut que ça arrête maintenant», s’indigne Julie Daignault, présidente de la FIQ dans la région. 

Selon ce syndicat, 21 postes d’infirmières et d’infirmières auxiliaires sont vacants sur les 140 que compte l’urgence de Saint-Eustache. À cela s’ajoutent 38 employés qui sont absents du travail pour des congés de maladie ou de maternité, entre autres. 

Conséquence: le temps moyen d’attente avoisinait les 13 heures vendredi matin, et le CISSS a une fois de plus publié un avis pour demander aux patients de ne pas se présenter aux urgences dans la mesure du possible. On leur conseille plutôt de se tourner vers leur médecin de famille ou encore vers le 811. 

«Chaque fois qu’un avis comme ça est publié, ça ne change rien. Les gens continuent de venir quand même», déplore une infirmière qui a accepté de nous parler sous le couvert de l’anonymat. 

Pas seulement la pénurie de personnel

Cette dernière est d’avis que la pénurie de personnel ne peut expliquer à elle seule la situation critique de l’urgence de Saint-Eustache. Elle constate en effet que trop de patients encore viennent aux urgences même si leur condition ne le nécessite pas. 

«Là-dessus, Il y a beaucoup de personnes âgées qui n’ont pas de personnel compétent dans leur résidence. Beaucoup d’enfants aussi qui font de la fièvre depuis trois jours et qui ne sont pas capables d’avoir rendez-vous avec un médecin», note cette infirmière d’expérience, épuisée. 

Car pendant ce temps, le personnel travaille en équipe réduite. Selon nos informations, il n’est pas rare qu’il y ait 7 ou 8 infirmières sur le plancher la nuit, alors que le ratio est de 12. 

«Ça fait une grosse différence sur les services. On se dit souvent entre nous que si on avait un parent qui était malade, on ne voudrait pas qu’il vienne à l’urgence de notre hôpital», raconte une autre infirmière qui tenait aussi à se confier au Journal sous le sceau de la confidentialité. 

Seulement deux candidatures

Le sort des infirmières de l’Hôpital de Saint-Eustache n’est pas près de s’améliorer, à en croire leur syndicat, qui relate qu’à peine deux candidatures ont été reçues, pour l’instant, sur la vingtaine de postes affichés. 

Et l'on doute que la prime de 15 000$ annoncée jeudi par le ministre de la Santé, Christian Dubé, y change quelque chose. 

«On a hâte de voir, mais nos membres nous disent déjà que ce n’est pas une question d’argent, que c’est une question de conditions, de conciliation travail-famille...» souligne Julie Daignault, de la FIQ. 

Le CISSS des Laurentides n’a pas encore commenté la situation de l'urgence de l’Hôpital de Saint-Eustache.

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