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Une p'tite casquette pour Legault

Quebec
Photo Stevens LeBlanc François Legault a décidé qu’il était de gauche ! Ça ne s’invente pas…

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François Legault devrait se faire un devoir de réécouter la chanson Les p’tites casquettes d’Yves Duteil, sur la célébrité : 

« On a tellement peur d’attraper la grosse tête 

Que, pour s’en apercevoir, on va tous bientôt 

S’acheter une p’tite casquette 

Et l’essayer tous les soirs ». 

Se péter les bretelles

Lors de sa conférence de presse au lendemain des élections fédérales, François Legault était élogieux... à propos de lui-même. 

Il fallait l’entendre énumérer ses propres qualités et ensuite déclarer que c’est pour ça que les gens l’aimaient tellement. 

On est loin du François Legault qui, dans une de ses premières entrevues postélectorales comme premier ministre du Québec, avait expliqué qu’il avait insisté sur le fait que ses troupes devaient, d’abord et avant tout, demeurer modestes ! 

Allô la modestie.

  • Écoutez la rencontre Lisée-Mulcair au micro de Richard Martineau sur QUB Radio:

Notre gauchiste national

Ce n’est pas tout. François Legault a décidé qu’il était de gauche ! Ça ne s’invente pas...

Le même François Legault qui a réduit les taxes que les propriétaires riches devaient payer pour l’éducation, avec les résultats qu’on connaît. 

Le même François Legault qui a âprement défendu son ministre blâmé pour avoir violé à répétition la loi fondamentale qui gouverne l’éthique à l’Assemblée nationale parce que, tenez-vous bien, il n’y a pas assez de gens riches en politique ! 

Le même François Legault qui nie l’existence de la discrimination systémique au Québec, même lorsque notre propre Commission des droits explique qu’il y a 50 % moins de minorités dans la fonction publique québécoise que dans la population ! 

Tout un gauchiste. 

Le sens des mots

« François Legauche » devrait prendre le temps de s’informer un peu sur le sens des mots. 

Il balance le mot woke comme si c’était une incantation magique. Lorsqu’on lui demande ce que ça veut dire, sa réponse est alarmante. Ce terme, inventé sur les campus américains, signifierait qu’on est contre sa vision du Québec, bien sûr. Le fait que M. Legault puisse se mettre au centre de tout et de rien en dit long. 

C’est Gabriel Nadeau-Dubois qui a marqué le plus de points cette semaine (petit secret : il est de gauche, lui...) lorsqu’il a laissé entendre que ça se peut que Legault commence à se prendre un p’tit peu pour le nombril du Québec. 

La réalité revient au galop

On a vu avec Trudeau à quel point l’isolement pendant la pandémie peut complètement déséquilibrer la perception des politiciens. 

À la lumière de sa performance quotidienne durant cette crise, Trudeau était persuadé qu’il n’avait qu’à se présenter devant les caméras, annoncer qu’il déclenchait des élections et que sa majorité était garantie d’avance. 

Il avait oublié qu’il avait des adversaires et que les journalistes n’étaient plus là juste pour copier servilement son annonce du jour.  

Legault risque de l’apprendre à ses dépens, tout comme Trudeau. 

Legault trône dans les sondages, mais ses principaux adversaires, le PLQ et Québec solidaire, agissent, proposent et connectent de plus en plus. Si jamais Yves-François Blanchet était invité à faire le même makeover avec le PQ qu’il a fait avec le Bloc, ce parti pourrait peut-être renaître de ses cendres. 

Entre-temps, une idée de cadeau de Noël pour Legault : une p’tite casquette bleue avec « MQGA »... Make Québec Great Again ! Comme l’autre gauchiste, Trump.