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Vers une «taxe à la corruption» ?

Vers une «taxe à la corruption» ?
AFP

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L’accord de réparation historique que veut négocier SNC-Lavalin pour laver son image pourrait se répandre ici comme une traînée de poudre et devenir une nouvelle « taxe à la corruption », comme on l’appelle aux États-Unis.

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« Ça devient une “taxe à la corruption” s’il n’y a pas apparence de justice et que ça a l’air d’un “sortez de prison sans payer” comme au Monopoly », craint Denis St-Martin, professeur titulaire en science politique de l’Université de Montréal, qui dénonce le manque de transparence du processus.

« Aux États-Unis, on ne fait que signer des accords de réparation. C’est là que ça devient une “taxe à la corruption”. La tendance, c’est que toutes les corporations en font, et il n’y en a plus qui vont devant les tribunaux », dit-il.

Cambodge et Bangladesh

L’arrestation des deux ex-administrateurs de SNC-Lavalin survient cinq mois presque jour pour jour après que la Banque mondiale eut rayé le nom de SNC-Lavalin de sa liste noire pour une affaire de corruption au Bangladesh et au Cambodge remontant à 2013.

Il y a deux ans, SNC-Lavalin Construction avait plaidé coupable de fraude contre la Libye et des entités, ce qui lui avait valu une amende de 280 M$.

Accord en vue

Hier après-midi, SNC-Lavalin a dit par communiqué qu’elle « considère bienvenue l’invitation du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) du Québec à négocier un accord de réparation ».

« Ça permet au moins d’obtenir des résultats, qui vont s’attaquer aux problèmes de corruption », analyse Jennifer Quaid, professeure de droit criminel à l’Université d’Ottawa.

« La proposition du DPCP de négocier un accord de réparation vise principalement à protéger l’entreprise SNC-Lavalin plutôt que de la voir condamnée dans un procès avec les conséquences négatives », pense Karounga Diawara, professeur titulaire et codirecteur du Centre d’études en droit économique (CEDE) de l’Université Laval.

Hier, le porte-parole de SNC-Lavalin, Harold Fortin, n’a pas pu dire le montant qui devra être mis sur la table.


À la clôture des marchés, l’action de SNC-Lavalin à la Bourse de Toronto s’échangeait à 36,10 $, en baisse de 83 ¢, ou 2,25 %.

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