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La québécisation du Canada

La québécisation du Canada
Photo AFP

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Le gouvernement Trudeau 3.0 sera celui de la québécisation du Canada.  

Ou la suite de. 

Les dernières élections ont exposé les fractures entre le Québec et les autres provinces. 

Le modèle québécois, lui, celui de « l’État providence », est plus que jamais bien en selle à Ottawa. 

Pour les libéraux, les Canadiens leur ont envoyé un mandat clair (!) lundi dernier. Soit celui d’aller « plus vite et plus loin » sur l’élargissement du filet social, de l’environnement et de la réconciliation. 

Cela commence avec un système de garderies subventionnées d’une mer à l’autre, dans lequel les libéraux vont pomper 30 milliards $ dans les premières années. Une idée bien québécoise. 

Sur le meilleur encadrement des géants du web, les libéraux pensent pouvoir éviter le psychodrame du printemps dernier avec le projet de loi déchu C-10. 

« Sur les investissements en culture et la taxation des géants du web, il y a un consensus qui existe depuis longtemps au Québec, mais pas au Canada anglais. Ça commence à changer », me résume un libéral. 

Tango libéral-NPD

On peut déjà présumer que le gouvernement Trudeau se rabattra sur le NPD comme principal partenaire de danse. 

Que voudra Jagmeet Singh en retour de son appui ? Taxer les riches ? Sur cela, les deux partis devraient s’entendre. 

Mettre en place un régime d’assurance médicaments universel pancanadien semblable à celui du Québec ? 

Les libéraux soufflent le chaud et le froid sur la question depuis des années. C’est leur ambition, mais le coût de la facture refroidit. 

Le Bloc québécois aura beau dénoncer les empiétements dans les champs de compétence des provinces, de cela encore libéraux et néo-démocrates n’en ont que faire. 

Justin Trudeau aura aussi le loisir d’évoquer que son parti a obtenu plus de votes et plus de sièges que le Bloc d’Yves-François Blanchet la semaine dernière, s’il souhaite asseoir sa légitimité. 

Des hausses de taxes ?

Les Québécois savent plus que quiconque que tous ces programmes sociaux ont un coût. Nous payons ici beaucoup plus d’impôt qu’ailleurs. 

Le gouvernement fédéral a bien quelques idées en tête pour augmenter ses revenus, mais il y a fort à parier que ce ne sera pas assez. 

Les mots « compression » et « hausse de taxes » sur le contribuable moyen ne font pas partie du vocabulaire des libéraux. La réalité pourrait les rattraper.  

Le plan libéral propose 78 G$ en nouvelles dépenses et 25 G$ en nouveaux revenus. Sans une croissance économique historique (qui ne risque pas d’arriver), nous nous enfoncerons tout droit vers des déficits structuraux encore plus profonds. 

Justin Trudeau sera-t-il toujours là au moment de régler l’addition ?