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Un sujet ancré dans l’actualité

Le film Rive-Sud se penche sur la réalité des travailleurs agricoles temporaires.

Plateau Rive-Sud
Photo Pierre-Paul Poulin Marc-André Grondin joue le patron d’une usine de transformation alimentaire dans le film Rive-Sud. On le voit ici en compagnie des acteurs Hubert Proulx et Nelson Coronado.

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Que ce soit pour le petit ou le grand écran, Marc-André Grondin choisit toujours avec minutie les projets dans lesquels il s’embarque. C’est parce qu’il a eu un coup de cœur pour le scénario de Rive-Sud, mais aussi parce qu’il s’est senti interpellé par le sujet du film – la réalité des travailleurs agricoles étrangers –, que l’acteur a accepté de camper un des rôles principaux de ce premier long métrage de Pier-Philippe Chevigny. 

« Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de faire partie d’un projet qui peut avoir une résonance sociale et qui est ancré dans une réalité », souligne Marc-André Grondin, rencontré jeudi passé sur le plateau de tournage de Rive-Sud, à Laval. 

« Rive-Sud donne la parole à des gens [les travailleurs temporaires] qui n’ont pas la possibilité de s’exprimer d’habitude. Mais le film ne se contente pas de dépeindre les agriculteurs et les producteurs maraîchers comme les méchants et les travailleurs étrangers comme les victimes. C’est beaucoup plus complexe que cela. »

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Premier long métrage du cinéaste Pier-Philippe Chevigny, Rive-Sud suit le parcours d’une jeune traductrice (Ariane Castellanos) qui travaille pour une usine de transformation alimentaire embauchant des travailleurs guatémaltèques. Dans l’exercice de ses fonctions, elle doit notamment obéir aux directives parfois excessives du jeune patron de l’entreprise (Marc-André Grondin). Mais en se liant d’amitié avec certains travailleurs, elle se retrouvera rapidement déchirée entre les deux parties.

Le réalisateur Pier-Philippe Chevigny donne des directives à l’actrice Ariane Castellanos sur le plateau de tournage du film Rive-Sud.
Photo Pierre Paul Poulin
Le réalisateur Pier-Philippe Chevigny donne des directives à l’actrice Ariane Castellanos sur le plateau de tournage du film Rive-Sud.

« On pourrait dire que mon personnage est le méchant de l’histoire, mais ce n’est pas si simple que cela », nuance Grondin.

« Oui, il pose des gestes qui sont discutables. Mais il n’est pas insensible à ce qui se passe. Il est pris dans un système où tout le monde est là pour survivre. Les travailleurs étrangers viennent ici pour gagner plus d’argent, afin de survivre. Mon personnage, lui, essaie de sauver sa compagnie et avoir des bons résultats. »

Relancer le débat

Pier-Philippe Chevigny a commencé à s’intéresser au sujet il y a plusieurs années, alors qu’il faisait de la recherche pour son court métrage Tala, qui relatait l’histoire d’une ménagère domestique philippine. Mais l’élément déclencheur a été sa rencontre avec l’actrice Ariane Castellanos pendant le tournage d’un autre court métrage, Vétérane

« J’avais déjà eu l’idée de raconter la réalité des travailleurs agricoles à travers le regard d’une traductrice qui doit faire le pont entre un exploitant agricole et ses employés temporaires et quand j’ai rencontré Ariane, j’ai tout de suite senti qu’elle serait parfaite pour ce rôle, indique le cinéaste. Dès le lendemain, j’ai commencé à écrire le scénario en pensant à elle pour ce personnage. »

Rive-Sud dépeint la dure réalité des travailleurs agricoles étrangers.
Photo Pierre Paul Poulin
Rive-Sud dépeint la dure réalité des travailleurs agricoles étrangers.

Les conditions de vie et de travail des travailleurs étrangers temporaires ont souvent fait les manchettes au cours des dernières années. Encore récemment, au début de l’été, des travailleurs du Guatemala ont dénoncé dans les médias les mauvaises conditions de vie qu’ils disent avoir subies en travaillant pour les serres Demers.

Avec Rive-Sud, Pier-Philippe souhaite apporter sa pierre au débat : « On a un mode de vie qui est rendu possible grâce à cette forme d’exploitation, observe-t-il. Notre panier d’épicerie ne coûte pas cher à cause de cela. Mais on doit se poser des questions. Si on arrive à faire notre épicerie à ce prix-là, c’est probablement parce que des travailleurs souffrent en bas de la chaîne de production. »


Le tournage de Rive-Sud se poursuit jusqu’au 17 octobre. Le film prendra l’affiche en 2022.