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La Chine devant les États-Unis en Amérique

La Chine devant les États-Unis en Amérique
AFP

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Le partenariat entre le Royaume-Uni, l’Australie et les États-Unis ainsi que la libération récente de Meng Wanzhou ont ramené à l’avant-scène la rivalité sino-américaine. 

Si la Chine séduit ou étend son réseau de par le monde, les États-Unis sont maintenant dépassés dans ce qu’on a parfois appelé leur cour arrière : l’Amérique du Sud. Si on fait exception du contexte de la guerre froide et de l’influence de l’Union soviétique, jamais l’influence américaine dans cette région n’a été autant ébranlée.

Le site Axios mentionnait la semaine dernière que L’Équateur s’impatiente de l’indifférence américaine. Son ambassadrice Yvonne Baki ne se gêne pas pour évoquer les tentatives de rapprochement des Chinois. Ces derniers disposent d’importants moyens financiers qu’ils sont prêts à mettre au profit des partenaires traditionnels des Américains.

Personne n’est dupe et tous sont bien conscients qu’en échange d’un soutien financier la Chine veut s’assurer un meilleur contrôle sur la région, mais la tentation est forte et la situation économique de certains pays ne leur laissera éventuellement plus le choix.

Déjà la Chine est le premier partenaire économique en Amérique du Sud, une tendance marquée depuis 1999 comme l’indique la carte ci-bas. La situation de L’Équateur devient primordiale si on considère l’omniprésence de la Chine ailleurs sur le continent.

L’ambassadrice Baki lance donc un appel pressant à l’administration Biden : il n’y a pas que la zone Asie-Pacifique! Joe Biden investit temps et énergie dans cette région, mais il pourrait bien commettre une erreur, comme Obama et Trump avant lui, en ne regardant pas ce qui se passe près de chez lui.

Que ce soit pour des motifs économiques, la gestion des migrants ou encore pour des raisons de sécurité, les États-Unis se sont souvent assurés de maintenir des relations privilégiées en Amérique. L’équateur hésite pour le moment à signer un traité de libre-échange avec la Chine, mais pour combien de temps encore?

Pour le meilleur et pour le pire, des liens historiques, économiques et culturels unissent les pays d’Amérique, mais ces liens ne sont pas éternels et la Chine multiplie ses ententes, grugeant peu à peu les acquis des États-Unis. La puissance économique et technologique prend le pas et la Chine s’assure de combler le vide créé par la négligence ou l’indifférence des États-Unis.

Il sera intéressant ici aussi d’observer la stratégie de l’administration Biden. Le 46e président américain connaît bien les enjeux et l’Amérique du Sud. Saura-t-il offrir une alternative plus séduisante à d’anciens partenaires ou les laissera-t-il choisir la chine par défaut?

Les stratèges américains n’ont pas forcément besoin de regarder vers l’Extrême-Orient pour observer les ramifications de la puissance chinoise, ils n’ont même pas besoin de quitter le continent. «L’Amérique aux Américains» disait-on à l’époque de la Doctrine de Monroe. Les temps ont bien changé et l’influence américaine également.

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