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Vers un meilleur encadrement des écrans au primaire

Le ministre Lionel Carmant veut des directives claires

Vers un meilleur encadrement des écrans au primaire
Photo d'archives, Julia McKay / Whig-Standard

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Le ministre Lionel Carmant veut davantage encadrer le temps passé derrière les écrans dans les écoles primaires, où le cellulaire pourrait être interdit. Il considère toutefois qu’au secondaire, leurs effets bénéfiques dépassent les inconvénients.

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Lundi, le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, a participé au deuxième volet de la consultation sur les écrans chez les jeunes, dernière étape en vue de la présentation d’un plan d’action gouvernemental sur la question qui sera dévoilé d’ici la fin de l’année. 

Lors d’un premier forum d’experts qui s’est déroulé avant la pandémie, plusieurs avaient mis Québec en garde contre les impacts négatifs d’une utilisation abusive des écrans chez les jeunes, y compris à l’école. 

À l’issue de cette deuxième journée de réflexion, qui a été retardée en raison de la pandémie, le ministre Carmant affirme désormais qu’il est «très clair» que la tablette peut avoir des effets bénéfiques en classe, surtout au secondaire, où il n’est pas question de limiter le nombre d’heures passées devant les écrans. 

La situation est toutefois différente au primaire, où des balises plus claires pourraient être énoncées afin de réduire le temps qui y est consacré, a indiqué M. Carmant en fin de journée. 

Les services de garde scolaires sont notamment dans la mire du ministre. Les films après l’école, lors des jours de pluie, et les écrans pendant la période du dîner sont une pratique courante dans certaines écoles, a dénoncé Corinne Voyer, directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids, lors des échanges lundi. 

«En ce qui a trait aux services de garde, il va falloir faire une intervention claire», a affirmé le ministre Carmant. 

Pas de cellulaire en classe au primaire

Ce dernier considère par ailleurs que le téléphone cellulaire n’a pas sa place à l’école primaire. Il pourrait bannir son utilisation en classe dans l’ensemble des écoles de la province.  

«Le fait d’amener en classe des téléphones, à l’école primaire, c’est peut-être un pas à ne pas franchir», a-t-il affirmé. Plusieurs écoles interdisent toutefois déjà son utilisation pendant les cours. 

Le ministre Carmant n’est toutefois pas convaincu de la pertinence d’interdire les cellulaires dans les écoles secondaires, comme c’est le cas en France et en Ontario, même si certains intervenants l’ont exhorté à le faire. 

«Si c’est bien balisé, ça peut avoir une certaine utilité», a-t-il affirmé, tout en soulignant que le problème reste entier si un jeune a accès à des jeux vidéo ou aux réseaux sociaux sur la tablette qu’il utilise le midi pour faire ses travaux scolaires. 

M. Carmant considère par ailleurs que les problèmes liés à la surutilisation des écrans se déroulent d’abord à la maison, pendant les périodes de loisirs.  

Il veut répondre aux inquiétudes des parents en établissant de nouvelles balises claires qui préciseront combien de temps les enfants devraient passer sur les écrans chaque jour, en fonction de leur âge. 

Le nombre d’heures passées sur la tablette à faire des devoirs ou des exercices en classe sera toutefois exclu de ces directives. 

Après 18 mois de pandémie, où les écrans ont été plus présents que jamais, le ministre Carmant y voit un «timing parfait» pour ce genre de réflexion. 

À l’unisson, les intervenants réunis lundi à Québec ont réclamé davantage de prévention pour contrer les effets néfastes des écrans chez les jeunes, en particulier à l’école, alors que le numérique y prend de plus en plus de place. 

Le «côté obscur» des écrans à l’école

Léandre Lapointe, représentant des enseignants des écoles privées membres de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec, a de son côté plaidé pour une meilleure prise de conscience des effets néfastes des écrans dans le réseau scolaire. 

«Ça fait 19 ans que j’enseigne la biologie au secondaire, ça fait 10 ans que les écrans sont dans les écoles. Je n’ai jamais entendu parler du côté obscur des écrans dans mes formations et mes journées pédagogiques, on entend qu’il n’y a que du positif dans les écrans, mais on voit bien que ce n’est pas le cas. Il faut tempérer ce message-là. Ça urge», a-t-il lancé. 

En coulisse, plusieurs ont déploré, lundi, l’absence du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, qui n’avait pas, non plus, participé à la première journée de consultation qui s’est tenue en 2020. 

De nombreux intervenants ont par ailleurs souligné l’importance d’en arriver à un meilleur équilibre concernant l’utilisation du numérique, en encourageant les familles à prévoir des moments de déconnexion qui permettent de jouer dehors, de faire de l’activité physique ou de passer du bon temps en famille ou entre amis. 

Présentement, il est recommandé qu’un enfant passe moins de deux heures par jour devant les écrans, peu importe le type de contenu consulté, un seuil qui est largement dépassé dans de nombreuses familles. 

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