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Vivre sans la Chine

Vivre sans la Chine
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La Chine de Xi Jinping est de plus en plus dictatoriale. Elle n’hésite pas à maltraiter les pays avec lesquels elle commerce. Dans ce contexte, le Canada a intérêt à s’éloigner le plus possible de la Chine. Mais jusqu’où peut-il le faire et à quels coûts ? 

Que le Japon, l’Australie et l’Inde aient décidé de rejoindre les États-Unis dans une alliance active contre la Chine en dit long sur les prédictions pessimistes de ces pays à l’égard du gouvernement de Xi Jinping.

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La Chine est le premier partenaire économique du Japon et de l’Australie ainsi que le second partenaire de l’Inde. Mais, en réalité, les espoirs de ces pays d’augmenter leurs exportations vers la Chine sont médiocres, entre autres parce que Xi a décidé que l’économie chinoise serait à 80 % autonome d’ici 2025. 

Le Canada est en meilleure position. Environ 75 % des échanges commerciaux du Canada se font avec les États-Unis. La Chine est le second partenaire commercial du Canada. Près de 8 % de ses importations proviennent de Chine, tandis que près de 5 % de ses exportations partent vers la Chine.

Se passer de la Chine

Contrairement à l’impression généralement admise, le Canada peut très bien se passer de la Chine.

Le gouvernement du Canada a calculé qu’environ 1 % des emplois canadiens dépendent des exportations vers la Chine. La Chine est le premier fournisseur de seulement 255 produits sur 2550 pour lesquels il n’existe que peu de fournisseurs. Un arrêt des importations chinoises aurait surtout un impact sur les biens de consommation tels que les jouets, les jeux et les équipements sportifs.

Stopper le commerce avec la Chine serait difficile et donnerait des maux de tête aux entreprises canadiennes. Mais cela aboutirait à des pertes plus élevées pour la Chine que pour le Canada. Restreindre le commerce avec elle demeure donc possible.

Leviers du Canada

Le Canada dispose de plusieurs leviers importants. Par exemple, plus de 16 % des étudiants des universités canadiennes sont des étrangers. Or, environ le tiers d’entre eux vient de Chine. Pourquoi continuer à recevoir autant d’étudiants chinois, sachant qu’il est maintenant interdit aux chercheurs chinois de communiquer les résultats de leurs recherches si elles concernent le moindrement la sécurité nationale chinoise ? Pourquoi accorder de très nombreuses bourses d’études aux étudiants chinois ?

En fait, deux raisons principales motivent une réduction des échanges avec la Chine : 1 le danger qu’éventuellement l’économie canadienne ne puisse plus se passer de l’économie chinoise, et 2 le danger que les États-Unis décident de restreindre leurs échanges commerciaux avec le Canada pour des raisons de sécurité, notamment parce que le Canada se rapprocherait trop d’une Chine dictatoriale.

Tant que Xi Jinping et son équipe demeureront au pouvoir, la Chine demeurera une menace pour le Canada et pour les autres démocraties. Xi Jinping ne changera pas.