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Affaire Jacques Delisle: la Couronne persiste et signe pour un deuxième procès

Le DPCP répond à la requête en arrêt des procédures

juge Jacques Delisle
Photo d’archives Jacques Delisle. Ex-juge

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La Couronne persiste et signe dans sa volonté de tenir un second procès pour meurtre dans le dossier de Jacques Delisle, rappelant au passage que c’est l’ex-juge qui réclame ce résultat depuis des années.

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Le procureur au dossier, Me François Godin, a déposé lundi sa réponse écrite à la requête en arrêt des procédures signifiée en août dernier par les avocats de Jacques Delisle. 

« Le requérant se plaint qu’il ait à subir un second procès, alors que c’est le résultat de ses propres démarches », réplique Me Godin, dans une réponse de 13 pages dont Le Journal a obtenu copie.

Condamné en 2012, l’ex-juge de 86 ans se dit victime d’une erreur judiciaire, lui qui soutient que son épouse s’est enlevé la vie. En 2015, après avoir épuisé tous ses recours, Jacques Delisle présentait une demande de révision auprès du ministre fédéral de la Justice, qui a finalement ordonné un nouveau procès en avril dernier.

« Comment une situation pourrait être oppressive, alors qu’elle est vigoureusement recherchée par celui qui s’en plaint ? », questionne Me Godin.

Dans sa requête, la défense insiste notamment sur les erreurs graves qui auraient été commises par les experts de la Couronne. Le DPCP avance plutôt que les éléments scientifiques présentés aujourd’hui par la défense comme étant « capitaux » étaient « tous disponibles à l’époque ».

Pas beaucoup de neuf

Contrairement aux allégations du clan Delisle, la Couronne estime d’ailleurs que l’état de la preuve n’a « pratiquement pas changé » depuis le premier procès. « Les points de vue scientifiques se multiplient, mais la preuve ne change pas », rédige Me Godin.

Le procureur est d’avis que la requête en arrêt des procédures ne fait état d’aucun abus, mais « met plutôt en lumière les lacunes » de la défense de M. Delisle au premier procès. 

Il soutient que l’ensemble du dossier doit être soumis à l’appréciation d’un jury. « Il appartient au jury d’évaluer la preuve, incluant la crédibilité des témoins », dit-il.

La requête doit être débattue à la Cour supérieure cet automne.

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