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Décès de Joyce Echaquan: des douleurs toujours aussi vives un an plus tard

Les peuples autochtones réclament plus de sécurité et d’équité dans les soins

GEN-RACISME SYSTÉMIQUE-JOYCE ECHAQUAN-VEILLÉE
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Au rythme des tambours, des proches de Joyce Echaquan ont allumé des bougies et des lanternes pendant la veillée à la place Émilie-Gamelin, à Montréal, mardi, en l’honneur de celle qu’ils ont perdue un an plus tôt dans des circonstances troublantes.

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Un an après la mort de Joyce Echaquan sous les injures racistes à l’hôpital de Joliette, les blessures sont toujours vives pour ses proches qui, comme les Premières Nations, espèrent plus d’actions concrètes du gouvernement.  

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« Au lieu d’être entourée de l’amour des siens pendant son dernier souffle, elle a été entourée de haine et d’injures. Sa mort a créé une vague depuis un an [...] vers un virage incontournable qui est nécessaire du côté politique », a souligné Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec-Labrador.

Une veillée de quelques centaines de personnes s’est tenue mardi soir à la place Émilie-Gamelin, à Montréal, pour rendre hommage à la mère de famille de 37 ans, qui a rendu l’âme il y a un an jour pour jour, sous une pluie de propos racistes de la part du personnel soignant. 

Elle s’était filmée en direct sur Facebook, dans l’agonie, pour dénoncer la situation. 

Sous les chants et au rythme des tambours, de longues étreintes ont témoigné de la douleur qui habite les proches depuis un an. Le conjoint de Joyce, Carol Dubé, et sa mère se sont exprimés à la foule en attikamek. 

Principe de Joyce 

Or, un an plus tard, le gouvernement du Québec traîne de la patte dans l’adoption du « principe de Joyce », qui aurait pour but de garantir un accès sécuritaire et équitable aux soins de santé pour les citoyens issus des Premières Nations.

« C’est fondamental : tous les êtres humains doivent être traités de la même façon, peu importe l’origine culturelle, le langage, la couleur de peau, la diversité sexuelle », a pour sa part témoigné Stanley Vollant, chirurgien innu à l’Hôpital Notre-Dame.

Durant la matinée, la famille et des amis de Joyce Echaquan se sont rendus dans la chambre du centre hospitalier de Lanaudière où elle a poussé son dernier souffle, afin de se recueillir. 

Ils demeurent cependant craintifs à l’idée de mettre les pieds dans l’établissement.

Enceinte de deux mois, sa meilleure amie Marie-Marjolaine Quitich est préoccupée à l’idée de devoir se rendre au centre hospitalier où son amie a rendu l’âme, agonisante, attachée et injuriée. 

Manque de sensibilité

L’infirmière Paule Rocray, qui a insulté Joyce Echaquan, a par ailleurs été radiée mardi de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, pour une période d’un an et demi, pour violence verbale et négligence dans les soins.

« La famille n’accueille pas la décision positivement. L’Ordre n’est pas allé suffisamment loin dans son enquête. Le moment choisi pour cette annonce dénote également un manque de sensibilité de leur part », a soupiré Patrick Ménard, avocat et ami de la famille. 

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