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Des plaies à soigner avant la 5G chinoise

Les relations sino-canadiennes demeurent mal en point

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Photo AFP Hier, une porte-parole du régime de Pékin a martelé que la détention de la numéro deux de Huawei, Meng Wanzhou (en médaillon, à son retour en Chine, samedi), était « sans fondement ».

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La libération des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor après celle de la numéro deux de Huawei, Meng Wanzhou, est loin de vouloir dire que le Canada ouvrira grande la porte à son réseau 5G.

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« Le Canada va toujours avoir dans l’esprit que les mêmes personnes qui ont arrêté les deux Michael sont encore au pouvoir en Chine », estime Ari Van Assche, professeur titulaire en affaires internationales à HEC Montréal. 

Vendredi dernier, les Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor sont rentrés au bercail après avoir passé trois ans en prison en Chine, où ils avaient été accusés d’espionnage après l’arrestation de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, à la demande des Américains. 

  • Écoutez l'entrevue de Philippe-Vincent Foisy avec Pierre Bissonnette, ex-directeur général de Huawei Canada de 2010 à 2018, sur QUB radio:

Pressions de nos alliés

Ottawa refuse toujours de dire s’il ouvrira la porte au réseau 5G de Huawei, malgré les pressions de ses alliés des services secrets du Five Eyes, qui l’ont bloqué ou restreint par crainte d’espionnage, démenti par la Chine.

« Le Canada prendra une décision relativement au 5G de Huawei. Et nous avons dit dès le début qu’elle sera basée sur assurer la sécurité du système de télécommunication dans notre pays », s’est limité à dire le ministre Marc Garneau, d’Affaires mondiales Canada.

Ces derniers mois, un vent glacial a soufflé sur les relations Canada-Chine. « Il faudra un temps pour la guérison [de] part et d’autre », a affirmé au Journal Kelvin Mo, président de l’Association des PME Canada-Chine.

Loin de l’apaisement, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères chinoises, Hua Chunying, a prévenu hier que le Canada devait « tirer des leçons [du cas Meng Wanzhou] ».

En conférence de presse à Beijing, elle a réitéré que la « détention sans fondement » de la femme d’affaires était « une sérieuse erreur des États-Unis et du Canada, qu’ils auraient dû corriger il y a longtemps ».

« Nous espérons que la partie canadienne créera un environnement commercial ouvert, équitable, juste et non discriminatoire pour toutes les entreprises chinoises, y compris l’entreprise Huawei », a quant à lui déclaré au Journal le Consulat général de Chine à Montréal.  

Huawei n’a pas répondu aux questions du Journal hier.

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Steve Waterhouse, expert en cybersécurité, sur QUB radio:


L’ex-premier ministre Jean Chrétien a déjà évoqué publiquement que le Canada devrait échanger les deux Canadiens en prison en Chine contre la dirigeante de Huawei. L’ex-premier ministre Jean Charest a conseillé Huawei.

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