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Les «anges gardiens» de Snowden sont arrivés au Canada

Anges gardiens de Snowden
Courtoisie Dilrukshi Nonis et ses enfants Sethumdi et Dinath, quelques heures avant de quitter Hong Kong et de trouver refuge au Canada. La famille sri-lankaise a caché le lanceur d'alertes Edward Snowden pendant sa fuite en 2013. COURTOISIE FOR THE REFUGEES

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Une famille de réfugiés sri-lankais qui a tout risqué pour protéger le lanceur d’alertes Edward Snowden pendant sa fuite à Hong Kong a finalement trouvé refuge au Canada et arrivera sous peu à Montréal.  

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«Sans ces braves demandeurs d’asile, il se serait retrouvé dans une situation très dangereuse pour sa sécurité personnelle», souligne Marc-André Séguin, porte-parole de Pour les réfugiés, une organisation qui leur vient en aide dans les cas de derniers recours. 

C’est qu’en 2013, Supun Thilina Kellapatha et Nadeeka Dilrukshi Nonis ont accueilli pendant quelques jours dans leur modeste logis l’un des hommes les plus recherchés de la planète : Edward Snowden. 

L’informaticien américain de la National Security Agency (NSA) en cavale avait en sa possession la preuve que les États-Unis et l’Angleterre faisaient de la surveillance électronique illégale de masse et était activement recherché. 

«Ils lui ont ouvert leur porte sans poser de questions, sans rien demander en retour. Ils ont vu quelqu’un qui avait besoin de protection», poursuit M. Séguin, qui connait bien le couple et ses deux enfants. 

Le film hollywoodien «Snowden» se penche d’ailleurs sur cet épisode de leur vie.   

Une nouvelle vie

Après de longues démarches administratives, les quatre réfugiés sont finalement arrivés à l’aéroport de Toronto cet après-midi. 

Leur destination finale sera Montréal, où un appartement douillet et un frigo rempli par des bénévoles les attendent. 

C’est un réel « soulagement» de les savoir ici, dit M. Séguin, surtout pour le futur des deux enfants, Sethumdi, presque 10 ans et le petit Dinath, 5 ans, qui sont apatrides. 

«Vivre sans statut condamne à une vie de misère. Alors que là, ils auront enfin l’opportunité de grandir en toute sécurité», se réjouit-il. 

La petite famille fait partie des trois groupes à avoir brièvement hébergé Edward Snowden, pour un total de 7 personnes, dont 6 sont maintenant au pays. 

Plus qu’un

Pour les réfugiés a entamé des démarches en 2017 pour tous les accueillir au Québec grâce au programme de parrainage privé et à l’aide pro bono d’une dizaine d’avocats. 

À la connaissance de M. Séguin, il s’agissait à l’époque du seul programme au monde à pouvoir les accepter étant donné que Hong Kong n’est pas signataire de la Convention sur les réfugiés. 

«Les trois demandes ont été déposées le même jour en janvier 2017, mais sont traitées à des rythmes extrêmement différents, bien qu’il s’agisse de circonstances très comparables», fait remarquer l’avocat de formation. 

Anges gardiens de Snowden
AFP

Un «ange gardien» est toujours à Hong Kong, au risque de se faire déporter dans son pays d’origine où il pourrait faire face à la peine de mort pour avoir déserté l’armée sri lankaise. 

« Nous n’avons aucun doute que la demande d’Ajith [Pushpakumara] sera finalement acceptée, comme les autres l’ont été, mais chaque jour où il reste à Hong Kong le met en danger », affirme M. Séguin. 

« Il est temps pour le Canada de cesser les formalités administratives et de terminer le traitement de sa demande. » 

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