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«Mourir peut attendre»: éternel James Bond

«Mourir peut attendre»: éternel James Bond
Photo AFP

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Les amateurs de l’agent secret seront comblés par ce dernier long métrage de Daniel Craig dans le rôle de 007.

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Les studios ont sorti le grand jeu. Le scénario signé par le trio composé de Neal Purvis, Robert Wade et Phoebe Waller-Bridge — auquel s’est joint le réalisateur Cary Joji Fukunaga — démarre de manière presque calme, comme si l’équipe voulait laisser le temps aux spectateurs de savourer cette dernière prestation de Daniel Craig en James Bond.

«Mourir peut attendre» s’ouvre sur James (Daniel Craig) et Madeleine (Léa Seydoux) en voiture sur une route sinueuse d’Italie pendant que joue la splendide «We Have All The Time In The World» de Louis Armstrong, scène que les fidèles reconnaîtront pour être une réminiscence de «Au service secret de Sa Majesté». Une fois à destination, Madeleine suggère à 007 d’aller se recueillir sur la tombe de Vesper (Eva Green), mais elle est piégée et Bond manque d’y laisser sa peau. Et, parce qu’il la soupçonne d’avoir divulgué son itinéraire à Spectre, Bond quitte Madeleine.

Cinq ans plus tard, on retrouve notre homme à la Jamaïque, où il coule des jours de retraité heureux... jusqu’à ce que Felix Leiter (Jeffrey Wright) vienne lui demander de l’aider à retrouver Valdo Obruchev, un scientifique kidnappé, qui a été localisé à Cuba. L’inquiétant Safin (Rami Malek) est mêlé à une sombre histoire de sérum mortel. Et, évidemment, Blofeld (Christoph Waltz) est de la partie. Le reste? Le reste se contemple sur grand écran, se déguste et se savoure pendant 163 minutes qui passent en un clin d’œil.

Pour ce 25e film de James Bond, le cinquième de Daniel Craig et son dernier, rien n’a été laissé au hasard. Toutes les sous intrigues laissées en suspens dans les quatre films précédents seront closes, Bond y est de plus en plus étoffé, sa relation avec Madeleine est savamment explorée, et les fameuses «James Bond Girls» Lashana Lynch — en Nomi, la nouvelle détentrice du matricule 007 — et Ana de Armas en Paloma, une redoutable agente de la CIA — ne sont plus une parure, mais des participantes efficaces à l’action. Exit également les plaisanteries sexistes et paternalistes, James Bond a gagné en maturité, il n’est plus le tombeur impénitent, et s’il a encore du mal à faire confiance, il n’en a plus à exprimer des émotions et des sentiments profonds.

Les scènes d’action sont époustouflantes, Cary Joji Fukunaga est non seulement en pleine maîtrise de ses caméras, mais il sait aussi distiller les cascades en évitant l’overdose. Pas d’explosions ininterrompues, pas de «boum boum» frénétiques, mais des moments forts et haletants, parfaitement synchronisés au drame du scénario.

Scénaristiquement et visuellement, l’équipe multiplie les références aux précédents James Bond, comme pour rendre hommage à Sean Connery et à Roger Moore, tous deux décédés. Ici, on verra les décors de «James Bond contre Dr. No» ou «Vivre et laisser mourir», là, on admirera l’architecture brutaliste, rappel du repaire du méchant dans «L’homme au pistolet d’or», là encore, on verra le portrait de Judi Dench, M morte dans «007 Skyfall» ou celui de Bernard Lee, interprète de M jusqu’à «Moonraker».

Alors oui, on ressort de la salle de cinéma la larme à l’œil en levant mentalement un verre de martini à toute l’équipe de «Mourir peut attendre» pour les remercier de nous avoir comblés.

Note : 4,5 sur 5

«Mourir peut attendre» prend les cinémas d’assaut dès le 8 octobre.

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