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Un accident mortel évité de justesse sur le chantier du REM

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Un travailleur a frôlé la mort dans un chantier souterrain du Réseau Express Métropolitain (REM) le soir du 16 septembre avant d’être sauvé in extremis par un de ses collègues.

Les événements sont survenus dans un tunnelier, une machine chargée de creuser un tunnel de 3 kilomètres près du Technoparc Montréal dans le secteur de l’aéroport Montréal-Trudeau.

Vers 20h50 ce soir-là, un employé s’affairait à des travaux de maintenance lorsque la roue de coupe, qui fore le terrain, s'est mise en marche. L’homme aurait bien pu été déchiqueté si ça n’avait été d’un de ses collègues qui a joué les héros.

«De toute évidence, les procédures de cadenassage ont été carrément bafouées. Si ton cadenas est là, il n’est pas supposé t'arriver rien, parce que ça signifie: moi, je suis encore en train de travailler, donc ça me protège. Si on enlève le cadenas, c'est qu'en théorie, les travaux sont terminés», explique Marc Savard, agent d’affaires du Local 568 - Fraternité internationale des ouvriers en électricité (FIOE).

Mais selon le syndicat, il y a plus qui se cache derrière cette situation. La langue parlée par les superviseurs est montrée du doigt par les membres.

«Les membres qu'on a à l'intérieur nous rapportent tous que les superviseurs sont exclusivement espagnols. Toutes les rencontres de coordination se font en espagnol. Donc c'est sûr que la communication, si on n'est pas capables de s'entendre...», indique M. Savard.

Le consortium responsable de la construction du REM assure que cet événement n'a pas été causé par un enjeu linguistique.

Il ajoute que ce type de tunnelier est une première au Québec et qu'il a dû recruter des gestionnaires à l'international.

«C'est pourquoi sur le chantier, plusieurs langues se côtoient. L'utilisation de différentes langues sur le chantier représente un défi, mais NouvLR s'assure de toujours transmettre l'information en français», précise le consortium dans un courriel.

De son côté, CDPQ Infra s’est dite préoccupée par l’incident et dit prendre au sérieux les allégations concernant la langue des superviseurs.

«La construction du REM est prise en charge par le consortium NouvLR, qui est tenu contractuellement d’employer le français comme langue officielle dans ses échanges. De telles allégations sont importantes, nous suivrons la situation de près afin de nous assurer que le français soit priorisé sur les chantiers de construction de NouvLR», précise-t-on dans un courriel.