/news/currentevents
Navigation

Une autre nuit en détention pour un militant antivaccin

L’homme refuse de se plier aux règles de la cour et aux mesures sanitaires

François Amalega Bitondo attendait qu’on l’arrête devant la Cour municipale de Montréal mardi après qu’un mandat d’arrêt eut été lancé contre lui, car il ne s’était pas présenté à son procès, ne voulant pas porter de couvre-visage.
Photo Agence QMI, Maxime Deland François Amalega Bitondo attendait qu’on l’arrête devant la Cour municipale de Montréal mardi après qu’un mandat d’arrêt eut été lancé contre lui, car il ne s’était pas présenté à son procès, ne voulant pas porter de couvre-visage.

Coup d'oeil sur cet article

Un leader du mouvement contre les mesures sanitaires passera une autre nuit en prison pour avoir refusé de se présenter à son procès en raison de l’obligation de porter le masque au tribunal.

• À lire aussi: Un antivaccin arrêté à la cour municipale

• À lire aussi: Un militant antivaccin connu est bloqué par Facebook

« Le masque, c’est une torture qui va contre les droits de la personne. J’ai peur de ce morceau de tissu, j’ai peur, madame la juge », a lancé François Amalega Bitondo mercredi à la cour municipale de Montréal.

L’ex-professeur de mathématiques comparaissait par visioconférence, sans masque, à la suite de son arrestation la veille, pour ne pas s’être présenté devant un juge afin d’y subir un procès pour entrave au travail des policiers. 

L’accusation remonte à mars dernier, à la suite d’une intervention policière après qu’il se soit fait expulser d’une épicerie en raison de son refus de porter un couvre-visage.

Mardi, en prétextant une « condition », il avait pu entrer dans la cour municipale sans masque. Mais il a ensuite été expulsé quand il a admis qu’il s’agissait d’une « condition de conscience » et non médicale.

Et en raison de son absence, due à son un refus de respecter les règles en vigueur, un juge avait lancé un mandat d’arrestation.

« C’est comme ça que ça fonctionne », avait dit le magistrat.

Accommodement

Lors de l’audience de mercredi, l’accusé de 43 ans a toutefois affirmé qu’il aurait dû bénéficier d’un accommodement. Car selon lui, il en a déjà eu dans le passé.

« Je pensais que les choses allaient se passer de la même façon », a-t-il dit à la juge Annie-Claude Chassé en essayant de la convaincre de le libérer.

Mais s’il s’est ensuite lancé dans une tirade contre la Santé publique, la magistrate lui a posé une question simple : advenant une remise en liberté, accepterait-il de se présenter à la cour « en respect des règles sanitaires » ?

Après un moment de réflexion, la réponse du militant antivaccin a été sans équivoque.

« Pour les mesures sanitaires, c’est non », a-t-il dit.

Respect variable

La juge lui a ensuite rappelé qu’il n’avait pas à être d’accord avec les règlements, mais que tant qu’ils étaient en vigueur, ceux-ci s’appliquaient à lui aussi.

Pour le procureur municipal, il est évident que l’accusé doit rester détenu.

« Il ne peut pas choisir les règles qui s’appliquent à lui, a plaidé Me Hugo Lalonde. Il dit respecter l’autorité des tribunaux, donc tant qu’un juge n’a pas tranché [sur les mesures sanitaires en vigueur], il doit porter le masque. »

La juge, qui a dit vouloir vérifier certaines règles et certains décrets gouvernementaux, rendra sa décision jeudi.

À VOIR AUSSI...