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La Chine, redoutable partenaire et adversaire

CHINA-FRANCE-DIPLOMACY
Photo AFP

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Prenant la parole devant l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre des Affaires étrangères, Marc Garneau, a remercié les alliés d’Ottawa pour leur soutien dans l’affaire des otages canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor, rentrés au Canada après avoir été retenus pendant 1000 jours dans des prisons chinoises. 

Dans un mensonge aussi flagrant qu’effronté, le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré que Spavor et Kovrig avaient été libérés pour des « raisons de santé ». Garneau a déclaré que dorénavant les « yeux du Canada sont grands ouverts » en ce qui concerne la Chine et qu’il n’oubliera jamais cette expérience et cette leçon.

Deux otages pour la libération d’une princesse

Les deux Canadiens ont été pris en otage en représailles à l’arrestation à Vancouver de Meng Wanzhou, la directrice financière de Huawei, le géant chinois des télécoms, à la demande des États-Unis. Ils l’accusaient d’avoir commis une fraude pour contourner leurs sanctions contre Téhéran. En échange d’une reconnaissance de responsabilité de Meng, Washington a retiré sa demande d’extradition lui permettant ainsi de rentrer en Chine.

Alors que Meng était assignée à résidence dans un luxueux manoir de Vancouver, les « deux Michael » étaient de leur côté détenus dans des conditions extrêmement difficiles avec un accès limité au monde extérieur et à leurs familles.

Meng Wanzhou est la fille de Ren Zhengfei, président fondateur de Huawei, proche du dictateur chinois Xi Jinping, dont la ressemblance à « Winnie l’ourson » est souvent notée.

Huawei est le plus grand fournisseur mondial d’équipements réseau pour les entreprises de téléphonie et d’internet. Symbole des progrès de la Chine en train de devenir une puissance technologique mondiale, l’entreprise est soupçonnée de cyber espionnage par les États-Unis et de nombreux autres pays.

Washington a bloqué l’accès de Huawei aux composants et aux technologies américaines de téléphones intelligents et a même interdit aux fournisseurs du monde entier d’utiliser des technologies américaines pour produire des composants pour Huawei.

Que peut-on faire pour riposter à la Chine ?

Maintenant que les deux Michael sont de retour, le gouvernement fédéral doit prendre des mesures énergiques pour rappeler à Xi Jinping qu’il y a des normes qui doivent être respectées.

Tout d’abord, Trudeau doit exclure Huawei de toute participation au réseau 5G du Canada, actuellement le seul membre du réseau d’espionnage électronique « Five Eyes », qui comprend les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, à ne pas l’avoir fait.

Ottawa doit aussi procéder à une étude détaillée des liens entretenus par des organisations gouvernementales et universitaires canadiennes pour voir dans quelle mesure elles devraient s’associer à des entités chinoises en matière de recherche et de développement. Les services de sécurité nous avisent depuis des années que la Chine nous vole des secrets scientifiques et technologiques. Pour les mêmes raisons, nous devons enquêter de manière approfondie sur les investissements chinois dans des secteurs stratégiquement importants. Les secrets technologiques d’Hydro-Québec sont d’un intérêt particulier pour la Chine qui est, il faut le souligner, le deuxième partenaire commercial du Québec, après les États-Unis.