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La pénurie de main-d’œuvre à un niveau critique au Québec

Plus de 60% des entreprises d’ici ont de la difficulté à dénicher des effectifs

Massimo Paitulli
Photo Francis Halin Le directeur d’usine, Massimo Patulli, et la responsable des ressources humaines de Technologie supérieure d’alliages, Guylaine Savard, à Boucherville, sont à la recherche d’employés pour redonner un coup de main à leur équipe à bout de souffle.

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La pénurie de main-d’œuvre qui déferle sur le Québec atteint un niveau critique avec plus de 194 145 postes à pourvoir et saigne la productivité de nos entreprises comme nulle part ailleurs au pays.

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« On a atteint un état critique parce que déjà ç’a commencé à ralentir la croissance des entreprises », a prévenu Pierre Cléroux, l’économiste en chef de la Banque de développement du Canada (BDC) en entrevue au Journal.

Au Québec, le nombre de postes vacants a explosé de 38,2 % en deux ans, entre le 2e trimestre de 2019 et le 2e trimestre de 2021, à 194 145 postes à pourvoir, relevait récemment l’Institut du Québec (IDQ).

Alors que Manufacturiers et Exportateurs du Québec chiffre à plus de 18 milliards $ les contrats perdus ces deux dernières années, la Banque de développement du Canada (BDC) vient d’en ajouter une couche.

C’est au Québec que la difficulté d’embauche est la plus aiguë au pays, révèle sa nouvelle étude, qui a interrogé quelque 1251 propriétaires d’entreprise.

Plus de 60 % des entreprises québécoises ont de la difficulté à trouver leur main-d’œuvre, un sommet au pays devant l’Ontario (55 %), l’Atlantique (55 %), la Colombie-Britannique (55 %) et les Prairies (51 %). 

Vieillissement de la population, baisse de l’immigration avec la pandémie, sans parler du fait que plus de 20 % des travailleurs québécois ont changé de secteur pendant la crise sanitaire... le portrait est loin d’être rose. 

« Ça va être encore comme ça pendant plusieurs années », prévient Pierre Cléroux de la BDC, qui a voulu savoir s’il y avait moyen de renverser la vapeur.

Pas que l’argent

Au Journal, il insiste : les salaires et les conditions de travail comptent, mais c’est la technologie qui a donné le plus de résultats sur le terrain. 

Pour Mohamed Guetat, PDG de Momentum, une entreprise de Québec de services-conseils TI, les outils technos peuvent aider nos PME en ce moment.

« Les gens qui travaillent 14 heures par jour et qui doivent s’assurer que tout est opérationnel peuvent souffler un peu avec notre service de gestion », résume l’homme d’affaires, qui propose ses services aux PME coincées.

Hier, dans le parc industriel de Boucherville, sur la Rive-Sud, les pancartes criant au manque de main-d’œuvre poussaient comme des champignons.

À Technologie supérieure d’alliages, son directeur d’usine, Massimo Patulli, en avait long à dire sur le sujet.

« J’aurais besoin d’au moins quatre ou cinq travailleurs de plus à l’usine. C’est beaucoup sur 30 », a partagé l’homme à la recherche de journaliers et d’opérateurs.

À côté de lui, la responsable des ressources humaines, Guylaine Savard, chez Technologie supérieure d’alliages depuis une vingtaine d’années, n’avait jamais rien vu de tel.

« Ça use le personnel en arrière. Ils travaillent fort pour le manque de personnel. C’est une entreprise très humaine ici. Les conditions sont bonnes », a-t-elle conclu.

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