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Parce que votre paie, c’est tellement important

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Illustration Adobe Stock

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Je m’excuse à l’avance, cette chronique de finances personnelles ne vous offrira rien d’utile. Car voyez-vous, votre situation financière s’est apparemment améliorée au cours de la pandémie, mais l’envie de repartir en voyage menace votre équilibre budgétaire durement acquis tandis que les vieux démons de l’inflation hantent vos nuits. 

Alors, comment retrouver la quiétude ?

Simple ! Votre employeur doit favoriser votre bien-être financier en investissant dans des « professionnels hautement qualifiés qui veilleront à ce que vous soyez payés avec exactitude et à temps ». 

Ce n’est pas moi qui le dis, mais l’Association canadienne de la paie (ACP). L’organisme vient de publier les résultats d’un sondage portant sur la situation financière des travailleurs canadiens.

Constat ? Ça va bien, mais bon, pas trop non plus. Parce que si ça allait trop bien, on ne pourrait pas appeler les entreprises à embaucher des professionnels qualifiés de la paie. 

Plus d’épargne

Alors, que dit le sondage ? Les travailleurs canadiens ont épargné davantage cette année qu’en 2019. Ce résultat vient confirmer quantité de données déjà connues, et c’est normal : on n’a pu voyager la majeure partie de l’année, les restaurants n’ont pu accueillir de clients avant le retour du beau temps, et on travaille toujours de la maison. Le gros de l’épargne provient de la diminution des dépenses discrétionnaires et des débours rattachés à l’emploi.

Soulignons à cet égard que 68 % des répondants croient que leur budget « voyage » reviendra à ce qu’il était avant, et 57 % affirment vouloir rétablir au niveau d’avant leurs dépenses liées aux activités sociales. Ça revient à dire que beaucoup de gens devraient continuer d’améliorer leurs finances.

Je voudrais insérer un (autre) commentaire éditorial : ce n’est pas évident de mener ce genre d’enquête, les gens ont du mal à évaluer précisément leur situation financière. 

Le sondeur a demandé aux interviewés d’estimer le pourcentage de ce qu’ils épargnent, avec ce choix de réponses : 0 % ; 1 % à 5 % ; 6 % à 10 % ; 11 % à 15 % ; 16 % à 20 % ; plus de 20 %. 

Je vous mets au défi de me dire précisément quel pourcentage de votre paie vous mettez de côté. Les seuls qui devraient pouvoir répondre avec assurance, ce sont ceux qui n’épargnent rien, ils composent 8 % de l’échantillon. Et pourtant, deux questions plus loin, 28 % des sondés affirment dépenser toute leur paie, ou plus. Je présume que des participants qui se disaient d’abord de petits épargnants (1 % à 5 % de leur salaire) ont réalisé au fil du questionnaire qu’au fond, ils n’économisent pas du tout. 

La bonne nouvelle dans tout ça : 71 % des travailleurs épargnent au moins un peu. Autre point positif : ils sont plus nombreux à se dire capables de faire face aux imprévus. 

Ce qui inquiète

Le sondage souligne que l’inflation occupe le sommet des préoccupations des travailleurs. 

Le sujet a surgi dans l’actualité au moment où l’enquête a été menée au printemps, alors que la folie immobilière et l’explosion des coûts des matériaux de construction faisaient les manchettes. Ça pèse ! 

Une proportion élevée (35 %) de Canadiens se dit « accablée » par ses dettes, lesquelles sont essentiellement constituées de prêts hypothécaires. C’est une autre question avec laquelle j’ai de la misère, car il y en a qui stressent pour la moindre dette pendant que d’autres demeurent sereins alors qu’ils auraient toutes les raisons de se sentir étouffés. La capacité à supporter une dette n’est pas un bon indicateur de son poids réel. 

Cela dit, c’est au Québec qu’on dort le plus tranquille, où moins de 25 % des travailleurs se disent « accablés » par l’endettement. Sur tous les tableaux, du moins si on se fie à ce sondage, les Québécois s’en tirent mieux que les travailleurs d’ailleurs au pays.

Un mot sur l’ACP 

Depuis des années, l’Association canadienne de la paie nous assomme de sa promotion des métiers reliés à la paie. Je ne pourrais pas vous en nommer un seul, je suis perdu dès qu’on entre dans ces jobs administratifs. C’est la même association qui, chaque année, nous donne le compte des travailleurs qui vivent de paie en paie, une donnée qui me semble un brin galvaudée, d’autant plus que cela se conclut toujours par le même message un peu niais... 

Inutile d’insister gang : tout le monde veut recevoir à temps le montant exact de sa paie.