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Violence conjugale: il faut aider les victimes avant qu’il soit trop tard

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Davantage d’efforts sont nécessaires pour soutenir les femmes subissant de la violence conjugale et coincées dans une relation problématique, plaident des intervenantes en la matière, alors que le Québec pleure un autre féminicide.

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«C’est absolument important que les victimes – même si elles ne se croient pas victimes de violence conjugale – nous appellent pour qu’on puisse évaluer la situation avec elles», a souligné Manon Monastesse, directrice générale de la Fédération des maisons d'hébergement pour femmes, qui plaide pour un meilleur accès aux services d’aide.

<strong>Manon Monastesse</strong><br><em>Intervenante</em>
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Manon Monastesse
Intervenante

Andréanne Ouellet, la plus récente femme qui serait décédée aux mains de son ex-conjoint, se trouvait depuis plusieurs années dans une relation jugée «toxique» par sa mère, Nathaly Bherer.

«Ma fille a vécu de la violence verbale, oui. Elle avait besoin d’aide. C’est aussi quelqu’un d’orgueilleux. Elle avait besoin de ressources pour l’aider avec le père de ses enfants, mais elle n’en trouvait pas», avait relaté au Journal Mme Bherer, grand-mère de cinq petits-enfants.

Prise de conscience

Il serait effectivement ardu pour plusieurs femmes de prendre conscience de l’ampleur de la violence qu’elles encaissent, a mentionné Claudine Thibaudeau, travailleuse sociale et responsable du soutien clinique chez SOS violence conjugale.

«Ça rend la recherche d’aide difficile quand on n’identifie pas ce qu’on vit, mais en même temps, quand on est pris dans une dynamique comme ça et qu’on subit ces pressions, c’est très fort», a-t-elle expliqué.

Malheureusement, même dans le cas d’une séparation, le sentiment d’être en danger demeure palpable, a souligné Mme Thibaudeau.

«La violence peut ne pas cesser, et dans certaines situations, elle peut même augmenter», a-t-elle insisté, ajoutant que parmi les femmes qui ont été assassinées depuis le début de l’année au Québec, plusieurs étaient parvenues initialement à quitter leur conjoint.

Approche complexe

Les proches d’une victime qui cherchent à intervenir doivent faire preuve de prudence et de délicatesse, fait savoir Manon Monastesse.

«Il faut qu’il y ait un soutien inconditionnel, et toujours laisser la porte [ouverte], souligne-t-elle. S’ils n’ont plus de contact, c’est inquiétant. Il faut essayer [d’en] avoir, de prendre des nouvelles.»


Selon la Fédération des maisons d'hébergement, 300 femmes hébergées et soutenues disaient avoir été victimes d'une tentative de meurtre en 2019-2020. 

Si vous avez besoin d’aide  

SOS violence conjugale  

  • 1 800 363-9010        

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