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Luc Tardif: au sommet de la pyramide hockey

Un natif de Trois-Rivières a créé toute une surprise en remplaçant René Fasel comme président de la FIHG

Luc Tardif
Photo courtoisie, Fédération française de hockey sur glace Luc Tardif est le nouveau président de la Fédération internationale de hockey sur glace.

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Luc Tardif n’oublie pas ses racines. Depuis samedi dernier, l’homme de 68 ans multiplie les entrevues au Québec, mais il attire également l’attention des grands médias européens.

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Le Monde, l’un des plus prestigieux quotidiens français, lui a même consacré un petit article. Encore méconnu dans sa terre natale, Tardif a hérité du mandat de succéder au Suisse René Fasel à la présidence de la Fédération internationale de hockey sur glace (FIHG).

Après 27 ans à la tête de la FIHG, Fasel n’a pas brigué un nouveau mandat. Et c’est Tardif, de façon surprenante, qui a gagné le vote pour lui succéder.

« Oui, c’est un peu surréel, a dit Tardif lors d’une entrevue téléphonique avec Le Journal lundi. J’avais plus de chances de perdre que de gagner, même si j’y croyais. Quand tu deviens le nouveau président, tu reçois des appels d’un peu partout. Vladimir Poutine [président russe] tenait à me parler parmi les premiers. Après, c’était Thomas Bach, le président du CIO [Comité international olympique]. Et en soirée, c’était au tour de Gary Bettman de me féliciter pour ma nomination. »

Il n’y avait pas de paris à Las Vegas pour cette élection. Mais l’homme originaire de Trois-Rivières qui réside maintenant en France depuis plus de 40 ans n’avait pas la cote pour remplacer Fasel parmi les cinq prétendants.

Dans une élection qui a nécessité quatre tours et qui se déroulait à Saint-Pétersbourg, en Russie, il a battu l’Allemand Franz Reindl avec 67 votes contre 39.

« L’Allemand était le favori, a-t-il rappelé. Il était poussé fortement par les Russes et il représentait le candidat favori de René. Une victoire à l’extérieur, c’est toujours mieux ! »

De la Mauricie à Chamonix

Qui est Luc Tardif ? Il n’a jamais joué dans la LNH. Il a brièvement porté les couleurs des Ducs de Trois-Rivières dans la LHJMQ au début des années 1970 avant de partir pour l’Europe.

« J’ai joué avant l’époque de Michel Bergeron à Trois-Rivières, précise-t-il. Denis Herron était notre gardien et j’ai affronté Guy Lafleur avec les Remparts. »

Voilà pour le bref rappel historique de sa carrière de hockeyeur au Québec. Il a connu beaucoup plus de succès en Europe. Il a d’abord joué en Belgique, où il a rencontré sa femme, avant de poursuivre son chemin à Chamonix et à Rouen en France. Il a accroché ses patins à la fin de la saison 1989-1990.

En France, il a remporté quatre fois le trophée Charles-Ramsey, décerné au meilleur marqueur du circuit. C’est l’équivalent du trophée Art-Ross dans la LNH.

« J’étais clairement un attaquant, un assez bon marqueur, a-t-il dit avec le sourire dans la voix. C’était ma grande qualité. Je n’étais pas reconnu pour mon jeu défensif. »

Maintenant à la présidence de la FIHG, Tardif cherchera à marquer un but très important.

« Je pense que ce serait de bien réussir les Jeux olympiques à Pékin avec la présence des meilleurs joueurs au monde. Mais le travail est déjà entamé. Il faut concrétiser. Ensuite, je chercherai à faire ma propre marque. Il y a des relations avec la LNH, mais je dois aussi m’occuper de la KHL, de la Suède, de la Suisse, de l’Allemagne, de la Finlande, etc. Et il ne faut pas oublier le hockey féminin qui occupe et occupera encore plus une place importante. Ça prend beaucoup de diplomatie pour négocier avec différents univers. »

Un ancien trésorier

À l’extérieur de la glace, Tardif avait réussi à se forger une feuille de route des plus impressionnantes. Il est devenu en 2006 le premier président de la Fédération française de hockey. Depuis 2008, il travaillait à la FIHG, d’abord au sein du comité de compétition pour ensuite occuper un poste au conseil principal et ensuite être trésorier. En parallèle, il a également agi comme chef de mission pour la France aux Jeux olympiques de Sotchi (2014) et de Pyeongchang (2018).

« Pour me confier la trésorerie, René [Fasel] me faisait confiance. J’ai appris beaucoup à ses côtés. Je resterai à ses côtés. Je travaillerai avec René jusqu’au mois de décembre pour la passation des pouvoirs. J’hérite d’une belle fondation, la Fédération est en bonne santé. Il y a de plus en plus de nations qui s’inscrivent au hockey. »

Négocier avec Bettman

Dans son mandat de cinq ans à la présidence de la FIHG, Tardif aura à négocier assez souvent avec Bettman, un homme qui a souvent fait perdre patience à Fasel.

« Je ferai ça à ma manière, a-t-il mentionné. Je ne découvre pas. J’ai déjà fait partie des négociations avec Bettman dans le passé. Je sais à quoi m’attendre. On y arrivera pour Pékin, j’espère juste que la COVID nous laissera tranquilles. Le CIO a fait des efforts. Il y a un côté plus attrayant pour la LNH en Chine qu’à Pyeongchang. »

« René avait ça en tête. Et j’ai le même principe. Quand on organise une compétition, on veut regrouper les meilleurs joueurs au monde. »

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