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Menacés de destitution par la Ville de Longueuil, trois élus contre-attaquent

Visés par une plainte en déontologie et un éventuel recours en Cour supérieure, les conseillers Jacques Lemire, Jean-François Boivin et Jacques E. Poitras de l’arrondissement de Saint-Hubert sollicitent tous un nouveau mandat aux élections du 7 novembre.
Visés par une plainte en déontologie et un éventuel recours en Cour supérieure, les conseillers Jacques Lemire, Jean-François Boivin et Jacques E. Poitras de l’arrondissement de Saint-Hubert sollicitent tous un nouveau mandat aux élections du 7 novembre.

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Visés par une plainte en déontologie par la Ville de Longueuil et une requête en Cour supérieure pour les empêcher de siéger, trois élus de l’arrondissement de Saint-Hubert répliquent par une plainte à la Commission municipale du Québec et accusent la mairesse d'agir à des fins partisanes.

Comme notre Bureau d’enquête le révélait jeudi, la mairesse Sylvie Parent et les autres élus du comité exécutif ont décidé d’intenter un recours rare et inusité, en pleine campagne électorale, afin de déclarer trois élus inhabiles à siéger durant une période de cinq ans

La faute qui leur est reprochée: une demande «illégale» de remboursement d’une facture d’avocats de 2655$ par leur Arrondissement, afin de financer leur croisade judiciaire contre la Ville de Longueuil, qui interdit désormais les feux extérieurs au bois sur tout le territoire.  

Rappelons que les conseillers Jacques Lemire, Jean-François Boivin et Jacques E. Poitras contestent l’adoption du règlement mur à mur de la Ville de Longueuil sur les nuisances et souhaitent plutôt encadrer la pratique à Saint-Hubert au lieu de l’interdire. Ils accusent la Ville de s’ingérer dans les compétences d’arrondissement.  

Associés désormais au parti Longueuil Ensemble, les trois conseillers bénéficient du soutien inconditionnel de leur cheffe, Josée Latendresse, qui se présente à la mairie.  

Une démarche «à des fins partisanes»

Mme Latendresse a confirmé son intention de contre-attaquer en portant plainte, à son tour, à la CMQ contre la mairesse Sylvie Parent – qui quitte la politique cet automne – et les membres du comité exécutif. Elle leur reproche d’aller «beaucoup trop loin» et d’engager des fonds publics dans une démarche judiciaire à des fins politiques.  

«Il s’agit clairement d’une utilisation des fonds de la Ville à des fins partisanes dans le but d’influencer le résultat des élections en cours. C’est grave et profondément inacceptable», a-t-elle commenté. 

Les prétentions de la Ville

Dans leur requête déposée au palais de justice de Longueuil cette semaine, les procureurs mandatés par la Ville affirment que les trois élus de Saint-Hubert ont agi illégalement parce qu'ils ont intenté leur recours à titre «personnel» contre la Municipalité. Ils n’avaient aucun mandat officiel de leur Arrondissement.  

L’Arrondissement de Saint-Hubert, de toute façon, n’a pas la capacité juridique d’agir en justice, précise-t-on. Qui plus est, les défendeurs auraient fait fi des avertissements des représentants de la Ville, qui les avait prévenus «qu’ils devaient eux-mêmes acquitter la facture de leurs procureurs», peut-on lire.  

«Même s’ils alléguaient vouloir avant tout protéger l’intérêt de la population de l’arrondissement de Saint-Hubert, les Défendeurs n’ont certes pas suivi une démarche appropriée dans la poursuite de cet objectif», allègue-t-on.  

Ce faisant, il leur est reproché de s’être placés en situation de conflit d’intérêts, d'avoir contrevenu au Code d'éthique et de déontologie des élus, puis d’avoir posé un geste «en vue de se procurer un avantage matériel et moral». 

Convaincu d'avoir bien agi

Loin d’être ébranlé par cette procédure, le conseiller Jacques Lemire disait encore vendredi n’avoir absolument rien à se reprocher. «On défend les intérêts des citoyens. C’était normal que l’Arrondissement paie la facture [...] Je crois dur comme fer que c’était la solution. Eux, ils disent que non... mais c’est plus politique qu’autre chose. Dans le fond, ils veulent nous clouer le bec mais ils ne nous feront pas peur avec ça.»