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Legault exagère sur les médecins accoucheurs

In the Hospital Woman in Labor Pushes to Give Birth, Obstetricians Assisting, Husband Holds Her Hand. Modern Delivery Ward with Professional Midwives. Back View Footage.
Photo Adobe Stock

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : notre Bureau d’enquête, basé à Montréal, à Québec et à Ottawa, se spécialise dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, nos journalistes et nos recherchistes vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre de voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L’ÉNONCÉ

L’émotion était palpable mercredi matin lors de la période de questions, à l’Assemblée nationale lorsqu’on a abordé l’enjeu des stérilisations de certaines femmes sans leur consentement éclairé, pendant leur accouchement. Qualifiant cette pratique de « barbare », le premier ministre, François Legault, a souligné que le Collège des médecins interviendra auprès de ses membres. « Il doit y avoir moins de 10 000 médecins qui font des accouchements au Québec. Il faut que ces 10 000 médecins aient un ordre clair que plus jamais ça soit fait au Québec », a-t-il déclaré. 

LES FAITS

 

Le premier ministre a largement exagéré le nombre de médecins accoucheurs. Ils sont en réalité huit fois moins nombreux à assister les femmes donnant naissance. Selon des chiffres fournis par les deux fédérations de médecins du Québec, on dénombre actuellement 560 gynécologues-obstétriciens et 650 médecins de famille accoucheurs, pour un total de 1210 médecins qui font des accouchements.  

Le cabinet du premier ministre a indiqué que l’approximation de M. Legault était « un ordre de grandeur » et qu’il « évoquait un maximum. » Se référant au rapport annuel du Collège des médecins, il estime qu’une « grande partie » des quelque 11 000 médecins de famille font des accouchements, ce qui est faux. De plus, ce sont surtout les gynécologues-obstétriciens qui procèdent à la stérilisation des femmes.  

– Marie Christine Trottier

Le chiffre de la semaine : 113

 

C’est le nombre de plaintes et de signalements fondés pour des lacunes quant à la qualité des services dans le réseau de la santé et des services sociaux, peut-on lire dans le rapport de la protectrice du citoyen, Marie Rinfret, publié jeudi.  

Cela représente 21,4 % du total des plaintes, une diminution d’un point de pourcentage par rapport à 2019-2020. L’an dernier, 146 plaintes avaient été enregistrées. 

La qualité des services de santé concerne plusieurs aspects. Par exemple, une femme a porté plainte en raison des mauvais services de la ressource intermédiaire dans laquelle son fils était hébergé. Les soins de base étaient incomplets, la diète de l’enfant n’était pas respectée et le personnel n’était pas assez formé.

— Charles Mathieu